Cession Commerce

Jean-Pierre Lehmann, président de la Fédération nationale des centres-villes

Par Sophie MENSIOR - Le 17 / 09 / 2018
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La FNCV-les Vitrines de France organise, le 24 septembre prochain, une journée qui aura pour thème « la ville d’aujourd’hui et de demain, un regard neuf et des solutions innovantes ». Jean-Pierre Lehmann, président de la fédération, nous livre son analyse et les solutions à mettre en place.

Jean-Pierre Lehmann, président de la Fédération nationale des centres-villes

« Il faut proposer des centres-villes qualitatifs »

La FNCV–Les Vitrines de France  organise un évènement  consacrée à la « ville d’aujourd’hui et de demain ». Quel regard portez-vous sur la situation actuelle et quelles en sont les raisons ?
Depuis une cinquantaine d’années, un certain nombre d’erreurs ont été commises…On a laissé les villes se déployer à l’infini  sans penser vraiment à l’urbanisme…Les décisions ont été prises dans l’urgence après la seconde guerre mondiale,  avec la création de grands ensembles en périphérie. Du coup, on se retrouve avec des centres-villes complètement déshabillés avec des commerces et des logements vacants. Les professions libérales, les services sont également partis s’installer en périphérie pour des raisons de commodité (places de parking) et d’exonérations fiscales.
En outre,  Internet ne fait rien pour arranger les choses ;  la notion d’achat est de moins en moins liée au centre-ville.  Donc, il n’y a plus beaucoup de raisons de s’y rendre, hormis celles liées au plaisir, au  patrimoine et à la culture…


Que pensez-vous du Plan Action Cœur de Ville lancé par le gouvernement ?
Il  va dans le bon sens, et permet une prise de conscience en matière d’urbanisme, de logement mais attention ce n’est pas  5 milliards pour les commerçants.

Face à ces constats, que préconisez-vous ?
On continue d’avoir des centres commerçants dans les centres-villes comme dans les années 1970, or il faudrait plutôt les rétrécir et ne garder que certaines rues. Puis il faut regarder comment on y accède (transports en commun, voiture, trottinette…) et si l’on peut y stationner. Ensuite il faut examiner quels  sont les rayons disponibles (les secteurs sur ou sous représentés).
Notre vision, c’est de proposer un centre-ville « qualitatif ». Avec des boutiques plutôt haut de gamme, selon les villes et leur pouvoir d’achat, des artisans,  des espaces de co-working,  des points de retrait, des consignes…
Le problème,  c’est qu’il n’y a pas de concept de franchises ou de succursalistes  adapté aux villes de moins de 10 000 habitants. Il faut créer des concepts adaptés à ces villes.  On peut imaginer aussi un espace commun, par exemple des vêtements et des chaussures avec un bar au milieu… Car ce que les consommateurs attendent, ce sont  des expériences !

Quelle est la démarche de votre association ?
Aujourd’hui, les Vitrines de France regroupent plus de 600 villes. Nous recensons  les bonnes pratiques pour les soumettre aux communes intéressées.  Nous proposons des outils, nous n’avons pas de démarche politique.  Ce qui est important, c’est ce que  les différents acteurs travaillent ensemble : élus, CCI, chambre de métiers, associations de commerçants, managers du commerce… Avec un comité de pilotage, qui se réunit tous les deux mois. Cette méthode, nous la préconisons partout.
Cette journée du 24 septembre doit être l’occasion de présenter témoignages positifs, des expériences réussies pour redynamiser les centres-villes.
N’oublions pas que le commerce, c’est 2,2 millions d’emplois, soit 1/10 des emplois en France.

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