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Jean-Pierre Mocho, président de l'Union française des industries de l'habillement

Par Sophie Mensior - Le 31 / 08 / 2009

Du 4 au 7 septembre 2009 se tient le salon « Prêt-à-porter Paris », le rendez-vous des professionnels de la mode. L’occasion de faire le point avec Jean-Pierre Mocho, président de l’Union française des industries de l’habillement, et président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin.

Jean-Pierre Mocho, président de l'Union française des industries de l'habillement

« Dans le secteur de l'habillement, le commerçant ne doit pas avoir peur de se réapprovisionner de façon permanente »

A quelques jours de l’ouverture du salon du Prêt-à-porter, comment se porte le secteur de l’habillement ?
Nous n’avons pas plus souffert que les autres secteurs de l’économie. La consommation a baissé chez tous les acteurs de cet univers. Mais plus on monte en gamme, plus elle a baissé. La baisse du marché intérieur n’a pas été compensée par l’export. Les produits de luxe ont été les premiers pénalisés. De façon générale, on est sorti de l’achat plaisir ; les consommateurs n’ont pas fait d’achat superflu, ils ont privilégié l’épargne.

Quel bilan tirez-vous de la dernière période de soldes ?
Les soldes n’ont pas été bons, car nous sommes dans une période où il n’y a pas d’argent. Il n’y a pas que le prix qui compte, il y aussi le porte-monnaie. Les consommateurs n’ont pas envie de dépenser. Par ailleurs, les soldes flottants ont eu un mauvais impact. Cette pratique a complètement décrédibilisé la moralité des détaillants.

Quels sont les circuits de distribution qui s’en sortent ?
Depuis le début de l’année, les grands magasins ont mieux tiré leur épingle du jeu, de même que les chaînes de grande diffusion, qui peuvent jouer sur les prix. Mais depuis le mois d’août, tout le monde souffre.

Dans ce contexte, comment le commerçant indépendant doit-il se positionner ?
Celui-ci offre un service, il faut qu’il s’adapte en proposant une marchandise de plus en plus attractive. C'est-à-dire qu’il ne doit pas avoir peur de se réapprovisionner, avec des nouveaux produits, de façon permanente. Le commerçant a bien intégré cette donnée mais ne l’a pas encore mise en application. Ceux qui l’ont fait s’en sortent très bien. Mais ce n’est pas facile, car il faut être capable de réagir vite.
Le commerçant doit être bien dans son prix, bien dans son service. Il doit proposer un produit juste avec un prix juste. Mais ce n’est pas uniquement un problème de prix, c’est un tout. Le client est de plus en plus sollicité, on ne peut pas lui vendre n’importe quoi.

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