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Joël Fourny

Joël Fourny,
président de CMA France

En cette rentrée, les perspectives s’annoncent meilleures pour les entreprises artisanales : leur situation économique s’améliore, et leurs dirigeants ont retrouvé le moral. Joël Fourny, président de CMA France, nous explique comment elles envisagent cette sortie de crise.

Par Sophie MENSIOR - le 30/09/21
@smensior

Comment les artisans abordent cette rentrée, quel est leur ressenti ?

L’artisanat a montré sa capacité de résilience durant cette crise, les dispositifs de secours mis en place par le gouvernement ont bien fonctionné. Aujourd’hui, l’heure est à la relance de notre économie et elle ne se fera pas sans l’artisanat ! La majorité des artisans sont confiants : 77% des artisans estiment que leur situation va se stabiliser voire s’améliorer dans les six prochains mois, selon une étude Qualitest/CMA France. Je me réjouis, en tant que président de CMA France, d’accompagner ce relatif optimisme.

Mais en sortie de crise, il ne faut pas s’endormir sur ses lauriers. Des entreprises artisanales sont encore en situation de fragilité. Le réseau des CMA participe d’ailleurs au plan d’actions du gouvernement qui a pour but de détecter, orienter et accompagner ces entreprises. Nous sommes notamment vigilants sur le suivi des entreprises artisanales en outre-mer. Elles subissent encore de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire, la dépendance au tourisme qui ne peut pas redémarrer, le surcoût du fret, et les entreprises ne peuvent se relever suffisamment rapidement.

L'artisanat a montré sa capacité de résilience durant la crise sanitaire

Comment répondre aux enjeux auxquels ils sont confrontés, quels sont leurs points forts et leurs armes ?

Aujourd’hui, nous accompagnons les artisans dans la reprise de leur activité. Nous demandons, pour les entreprises lourdement endettées en sortie de crise, la possibilité de restructurer les dettes sur le long terme. Cette mesure doit permettre aux entreprises artisanales encore en difficulté de « respirer ». 

Mais nous devons voir plus loin. 

La relance doit permettre de répondre aux besoins des artisans sur le long terme, les artisans qui doivent s’adapter eux-mêmes aux attentes nouvelles des consommateurs. Pour cela, les besoins spécifiques des entreprises artisanales doivent être pris en compte dans toutes les politiques publiques et territoriales, afin que le Plan de Relance profite à toutes les entreprises, pas seulement les plus grandes. Avec le plan France Relance, le réseau des CMA travaille déjà avec les artisans sur des problématiques majeures : la formation de main-d’œuvre qualifiée, la transition numérique, mais aussi la transition écologique des entreprises artisanales… qui étaient déjà dans l’ADN de nos artisans, mais qui sont maintenant des axes prioritaires de développement !

 

Qu'en est-il des cessions d'entreprise, y a-t-il des différences selon les secteurs ?

L’artisanat est l’un des secteurs les plus concernés par les enjeux de transmission et de reprise des entreprises. On estime à 300 000 le nombre d’entreprises artisanales à reprendre dans les 10 ans à venir, soit entre 30 et 40 000 entreprises artisanales à reprendre chaque année. D’ailleurs, des milliers d’annonces de cession sont publiées sur notre portail national Entreprendre.artisanat.fr. Celles-ci sont toutes viables et rentables puisqu’un diagnostic complet en entreprise est réalisé par nos experts transmission avant leur publication. De plus, nos agents CMA mettent quotidiennement en relation des cédants avec des porteurs de projet.

Nous avons fait des propositions pour encourager la reprise par des salariés mais aussi pour faciliter la transmission familiale. Mais avant tout, il y a chez les Françaises, et les Français, une réelle envie d’entreprendre qui se dégage ces dernières années. L’artisanat est un secteur plein d’opportunités, qui est très attractif. C’est un secteur qui attire car il permet d’entreprendre, d’être son « propre patron », et ce sont des métiers dans lesquels on trouve du sens au quotidien. C’est aussi un secteur qui profite des valeurs du made in France, de l’économie de proximité, du savoir-faire, etc… On voit d’ailleurs arriver de nouveaux profils de reconversion : aujourd’hui 10% des artisans reconvertis sont d’anciens cadres !