Cession Commerce

Joël Lopez, expert-comptable, commissaire aux comptes

Par Jean Couderc - Le 30 / 06 / 2008

Pour Joël Lopez, expert-comptable et commissaire aux comptes, reprendre l'affaire dans laquelle on travaillait présente de nombreux avantages.

Joël Lopez, expert-comptable, commissaire aux comptes

« Pour reprendre l'affaire de son patron, il faut abandonner l'habit du salarié et endosser celui d'entrepreneur. »

10% des TPE sont reprises en France par les salariés. Êtes-vous surpris par cette proportion ?
Non, car lorsque l'on est déjà dans l'activité, on connaît les forces et faiblesses de la structure, ce qui représente un gain de temps en termes de découverte et de récupération d'informations. On a eu, par ailleurs, le temps d'envisager les modifications à apporter. Connaissant le relationnel de la société, on sera, là aussi, plus efficace dans les décisions.

N'est-ce pas difficile pour le cédant de vendre à son employé ?
Non, au contraire. En transmettant son affaire à un de ses fidèles, le cédant a moins l'impression de s'amputer de quelque chose, car cela constitue un gage de continuité. Il peut même faire un effort financier, à condition qu'il ait la conviction que son salarié a l'étoffe pour être patron.

La négociation est pour le moins singulière. Comment doit-elle être abordée ?
Les critères restent fondamentalement les mêmes. Reste que l'on ne vit pas toujours à l'ère de la communication dans les petites structures, ce qui suppose de ne pas hésiter à réclamer tous les éléments qui vous paraissent indispensables. Pour y parvenir, il faut abandonner son habit de salarié et endosser celui d'entrepreneur.

Quelle attitude les banques adoptent-elles vis-à-vis de ce type de reprise ?
Elles ont plutôt un a priori favorable, car ce type de cession n'entraîne pas un gros bouleversement. Elles sont plus à l'écoute du repreneur potentiel. Il existe également la possibilité de recourir à un crédit-vendeur même si celui-ci comporte quelques risques pour le cédant.

L'accompagnement est-il souhaitable ?
On en a moins besoin même si cela dépend du niveau d'implication du salarié dans la gestion de l'entreprise. L'idéal est qu'il se fasse dans les mois précédant l'opération : le cédant peut, par exemple, en profiter pour recommander le repreneur aux fournisseurs et le présenter à l'expert-comptable.

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