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Karine Berger, directrice des études chez Euler Hermes SFAC

Par Sophie Mensior - Le 06 / 10 / 2008

L’assureur-crédit Euler Hermes SFAC vient de publier son étude bi-annuelle sur les « Défaillances en France », où il apparaît que les faillites sont en nette augmentation dans le secteur de la restauration. Karine Berger, directrice des études, commente les résultats de ce secteur.

Karine Berger, directrice des études chez Euler Hermes SFAC

« De nombreux facteurs expliquent les difficultés actuelles des restaurateurs, enregistrées notamment par de jeunes structures »

Votre étude pointe un accroissement des faillites dans l’univers de la restauration. Qu’en est-il exactement ?
Effectivement, elles sont en augmentation de 28 % sur les 6 premiers mois de l’année 2008 par rapport aux 6 premiers mois de l’année 2007.

Tous les segments sont-ils touchés de la même façon ?
Les cafés sont de très loin les plus atteints avec une augmentation des défaillances de 56 % sur les 6 premiers mois de l’année 2008, par rapport à la même période en 2007. Au total, ce sont 610 débits de boisson qui ont mis la clé sous la porte.
En ce qui concerne la restauration traditionnelle, les faillites sont en hausse de 25%, ce qui fait environ 1 800 défaillances. 

Comment expliquez-vous cette situation ?
La principale raison est le ralentissement de la consommation des ménages, qui était depuis 5 ans le moteur de la croissance du pays. Au premier trimestre 2008, la croissance des ménages a été négative, car leurs revenus réels ont été fortement entamés par la hausse de l’inflation. Dans ce contexte, les ménages ont ralenti les dépenses les moins indispensables. Les premières, qui ont été réduites, sont celles liées aux loisirs/plaisirs, donc les cafés et les restaurants. L’interdiction de fumer dans ces établissements a pu jouer en plus. 

Y a-t-il d’autres facteurs ?

Dans ce secteur, il y a eu beaucoup de créations d’entreprises. Ce qui a entraîné une accélération des défaillances, car ces structures sont jeunes, donc fragiles financièrement.
Je vois un dernier facteur : la hausse des prix agroalimentaires depuis le début de l’année. Les marges des restaurateurs ont été diminuées car ils n’ont pas répercuté cette hausse en totalité sur les prix.
 
Que faire pour sortir de cette situation ?
Le cœur du problème, c’est la crise économique. Il faut arriver à en sortir de façon macro-économique. A mon avis, des mesures ciblées sur le secteur n’apporteraient pas de solutions à court terme.

Vos prévisions pour le deuxième semestre ?
Nous projetons que le nombre de défaillances ne va pas se réduire. Elles devraient se poursuivre.

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