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Laurent Munerot, président de l'U2P (Union des entreprises de proximité)

Par Sophie MENSIOR - Le 29 / 09 / 2020
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Prothésiste dentaire, Laurent Munerot a été nommé début juillet, président de l'Union des entreprises de proximité (U2P), succédant à Alain Griset. Son constat : les commerçants de proximité ont fait preuve d'adaptation pendant le confinement mais ils doivent aller plus loin et développer d'autres services.

Laurent Munerot, président de l'U2P (Union des entreprises de proximité)

« Les commerçants vont devoir s'adapter avec l'évolution des habitudes de consommation »

Racontez-nous les circonstances de votre arrivée à la tête de l’U2P…
Suite à la nomination d’Alain Griset, comme ministre délégué aux PME auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la relance, j’ai été nommé par le Conseil National de l’U2P pour lui succéder. Selon les statuts de l’organisation, les 4 organisations membres (CAPEB, UNAPL, CGAD, CNAMS ) désignent successivement et pour 4 ans la personne qui devient présidente. J’ai été donc été choisi par la CNAMS, qui représente les métiers de service, pour poursuivre jusqu’au 19 janvier 2021, le mandat interrompu d’Alain Griset. Prothésiste dentaire, je suis membre de l’U2P depuis longtemps.
Tout cela s’est fait très rapidement, dans un contexte de crise sanitaire. Une demi-heure après ma nomination, je devais donner mon avis sur le futur plan de relance, présenté début septembre.
 

En effet, vous prenez vos fonctions dans un contexte un peu particulier…
Oui c’est une période un peu différente de la vie normale des institutions. Beaucoup de mesures que l’on proposait depuis longtemps trouvent maintenant un écho, comme le moratoire sur les centres commerciaux.
Pendant le confinement, on a constaté un regain d’intérêt pour les commerces alimentaires de proximité. Ils sont restés ouverts et ont profité de l’envie des gens de bien se nourrir sans se déplacer trop loin.
L’U2P a largement pris sa part pendant cette période, nous avons mené des actions ciblées envers les chocolatiers, les fleuristes…

Comment ont réagi les commerces de proximité pendant cette période ?
Ils ont démontré qu’ils avaient une faculté d’adaptation. Certains se sont lancés dans la livraison à domicile, les plats à emporter… Apportant la preuve qu’ils pouvaient concurrencer des géants de la distribution comme Amazon. Mais il faut aller plus loin et développer d’autres services….
En matière de commandes en ligne, certains se sont débrouillés au mieux pendant le confinement, avec les moyens du bord, mais ils peuvent mieux faire… C’est pourquoi nous estimons qu’il faut un volet consacré au numérique dans le plan de relance.
Il y a une certaine désaffection vis-à-vis des grands centres commerciaux, il faut surfer sur ces éléments. Des opportunités existent pour les commerces de proximité. Dans le même temps, les habitudes de consommation ont évolué, les commerçants devront s’adapter.
Leur situation est liée au pouvoir d’achat mais aussi à la confiance du grand public dans l’avenir…

Que pensez-vous des mesures de soutien prises par le gouvernement ?
Il faut reconnaître que ces mesures ont été bonnes, comme l’activité partielle, ou encore le fonds de solidarité. Cette aide de 1 500 € a profité à un grand nombre de commerces indépendants. De même, le PGE (Prêt garanti par l’Etat) leur a permis d’obtenir de la trésorerie. Mais attention, comme tout prêt, il devra être remboursé. A l’U2P, nous prônons l’allègement de la durée de remboursement. Il faudra veiller à ce que les commerçants ne soient pas trop endettés.
C’est une bonne chose que les mesures de soutien soient prolongées jusqu’à la fin de l’année pour certains secteurs, comme l’hôtellerie-restauration et qu’elles soient étendues (métiers d’art).
Le nerf de la guerre, c’est l’argent. Toutes les aides financières seront les bienvenues. Les aides nationales, c’est bien, mais les régions peuvent aussi s’emparer de ces questions. Elles sont en capacité d’intervenir pour le commerce de centre-ville. De façon générale, il faut redonner du pouvoir et des moyens aux territoires.
Il y a un besoin de relance de l’activité en espérant que les mouvements sociaux ne nuisent pas trop aux commerces de proximité….

 

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