Cession Commerce

Laurent Munerot , président de l'U2P (Union des entreprises de proximité)

Par Sophie MENSIOR - Le 10 / 11 / 2020
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La fermeture des commerces dits non-essentiels a provoqué incompréhension et colère chez ces professionnels. Laurent Munerot, nouveau président de l’U2P (Union des entreprises de proximité) nous explique les conditions d’une réouverture possible.

Laurent Munerot , président de l'U2P (Union des entreprises de proximité)

« Nous travaillons à une réouverture globale des commerces en renforçant les mesures sanitaires »

Où en sont les discussions avec le gouvernement pour une réouverture des commerces "non-essentiels" ?

Avec la CPME et le Medef, nous avons eu une réunion lundi matin avec le ministre de la santé Olivier Véran et le ministre de l’économie Bruno Le Maire pour trouver les meilleures voies possibles. Nous essayons de concilier économie et protection de la santé, ce qui n’est pas toujours facile. Nous préconisons une réouverture la plus rapide possible, effective au 1er décembre.
Même si le ministre de la santé a évoqué un « frémissement », la réouverture totale des commerces est compromise pour la semaine prochaine. En revanche, nous nous acheminons vers une réouverture progressive. Après il est difficile de dire quels types de commerce vont pouvoir rouvrir.
Par ailleurs, la terminologie commerces « non-essentiels » est très décriée, nous allons plutôt parler de commerces de « première nécessité »

 

Quelles seront les mesures prises pour une réouverture dans de bonnes conditions ?
Le protocole sanitaire dans les activités de proximité doit être, plus que jamais, appliqué et renforcé. Plus les mesures barrière seront respectées, plus vite on sortira de cette situation. Le gouvernement veut augmenter les jauges de m² par client mais cela n’est pas possible pour les commerces de proximité.
Le mot d’ordre est de travailler à une réouverture globale des commerces en renforçant les mesures sanitaires. Mais on ne peut pas prévoir une réouverture si les consommateurs ne peuvent pas se rendre dans les magasins…Il faut aussi faire en sorte que tout le monde puisse aller faire ses courses en décembre.

Un certain nombre d’aides ont été mises en place, sont-elles suffisantes ?
Il faut maintenir tous les dispositifs d’aide le temps de la reprise d’activité. Certains secteurs, comme les jouets et les vêtements, sont privés d’écouler leurs stocks, ils devraient être aidés. Par ailleurs, nous devons travailler peut-être mieux sur la problématique des loyers car pour l’instant, le crédit d’impôt ne rencontre pas un franc succès auprès des bailleurs. On peut envisager de le passer de 30 à 50 %.
Nous travaillons aussi sur les congés payés dans la restauration. Dans ces secteurs, la réouverture est compliquée, ils vont continuer à souffrir. Donc, Il faut continuer à les aider pour qu’ils survivent à cette crise.
Il y a encore certainement des trous d’air dans la raquette pour les aides. Nous essayons de faire en sorte que tout cela se passe au mieux. C’est à nous organisation professionnelle de tenir informés les adhérents, par métier, par organisation patronale.

Certaines fédérations de commerçants ont demandé l’interdiction du Black Friday, prévue le 27 novembre prochain, quel est votre avis ?
A l’U2P, nous pensons que cette opération doit être reportée après le 1er décembre, si l’on parle d’une réouverture à cette date.  Mais il n’est pas question de l’interdire.


 

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