Cession Commerce

Marie-Armelle Delauney, consultante à l’APCE

Par Sophie Mensior - Le 27 / 06 / 2011
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Marie-Armelle Delauney, consultante à l’APCE (Agence pour la création d’entreprises), répond à nos questions à propos du commerce saisonnier.

Il faut avoir le goût du risque, et accepter d’avoir une vie relativement précaire

« Il faut avoir le goût du risque, et accepter d’avoir une vie relativement précaire »

Quelles sont les caractéristiques du commerce saisonnier ?
Le grand point négatif, c’est qu’il n’est que saisonnier, mais l’aspect positif, c’est que la personne sait d’avance que son activité aura des périodes creuses et des périodes fastes.
Il sera pratiqué de manière ponctuelle, soit pour la saison des vacances, soit le week-end, par exemple pour les activités de brocante.

Pouvez-vous décrire ces différentes formes ?
Il y a deux types de commerce saisonnier, celui qui est lié à la saison touristique, l’été ou l’hiver. Cela pourra être de la de la vente de produits (glaces dans les stations balnéaires, marrons chauds ou bonnets à la montagne…), ou de services (bagagiste dans un hôtel…). Ce sont toujours des compléments d’activité.
Deuxième type : celui qui n’est pas lié à la saison, mais pratiqué un week-end par ci, par là (brocante) et sous forme de services à la personne (garde d’enfants, d’animaux).  
Il peut se pratiquer de deux façons : soit sous forme de commerce ambulant (la personne s’installe où elle veut) soit avec un bail commercial, et la boutique fonctionne de manière régulière sur l’année.  
Si l’activité est conséquente, il est possible de vivre toute l’année avec le chiffre d’affaires réalisé pendant la saison touristique. Le profit doit être suffisamment important pour pouvoir vivre les six autres mois de l’année.
 
Quels sont les cas où on peut en vivre à l’année ?  
Certains, comme les magasins de montagne, proposent des articles qui répondent à la clientèle l’hiver (articles de ski) et l’été (équipement pour la randonnée : sacs à dos, chaussures de marche). Mais cela veut dire qu’il faut renouveler son stock tous les 6 mois, ce qui représente un investissement important. Finalement, le fonctionnement est le même que celui d’un commerce normal.
Cela peut marcher aussi pour certains restaurants : ils ont une saison d’hiver très bonne et une saison d’été moins bonne. Au bord de la mer, c’est plus difficile de faire les deux saisons.
Autre cas de figure : certains se déplacent, ils ont un magasin l’hiver à la montagne et un autre, l’été au bord de la mer.
 
Et pour ceux qui ne peuvent en vivre à l’année ?
Ils doivent avoir une seconde activité, soit un emploi salarié, qui doit être négocié pour pouvoir être en disponibilité, soit un CDD (Contrat à durée déterminée), soit des missions d’intérim. Il faut prévoir une activité de secours, pour les périodes, où l’on ne travaille pas à plein régime. Par exemple, les personnes qui ont des commerces au bord de la mer, pratiquent une activité agricole ou de pêche le reste de l’année.
 
Comment va évoluer le commerce saisonnier ?
Il va se développer car il est beaucoup plus adapté aux aléas de la conjoncture. Les contraintes d’immatriculation vont être levées par le statut d’auto-entrepreneur, qui permet une certaine souplesse. Ce statut permet une activité secondaire et limitée dans le temps. Il est adapté au commerce ambulant, qui est limité au niveau du chiffre d’affaires. Mais il n’est compatible avec une boutique.
 
Que faut-il avoir comme qualités pour exercer ce type d’activités ?
Il faut avoir le goût du risque, et accepter d’avoir une vie relativement précaire. C’est un avantage pour des personnes qui aiment l’imprévu et n’aiment pas la routine. Je connais le cas d’une personne qui l’hiver travaille dans un bureau et l’été se met à vendre des articles de plage. Son activité est complètement différente l’hiver de l’été.
Mais le commerce saisonnier comporte une contrainte : il faut proposer un produit ou un service complètement adapté au marché, il ne faut pas se tromper, car on n’a qu’une saison pour réussir. Ce qui nécessite de réaliser au préalable une bonne étude de marché.


Consultez également notre dossier 2009 sur le commerce saisonnier

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