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Nicolas Dayot, président de la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air

Par Sophie MENSIOR - Le 04 / 04 / 2019
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Considérée comme le pays du camping, la France représente 30 % des capacités d’accueil en Europe. Nicolas Dayot, président de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air, qui représente l’ensemble de la profession, nous présente ce secteur et ses principales caractéristiques.

Nicolas Dayot, président de la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air

« Se lancer dans le camping nécessite beaucoup de préparation, c’est un métier complexe »

Quel est le panorama actuel des campings ?
On en dénombrait 500 en 1948, et 9 000 à la fin des années 1990. Aujourd’hui, il y en a 7 900. En 20 ans, on a perdu 1 000 campings et 50 000 emplacements. Dans ce même laps de temps, le chiffre d’affaires a été multiplié par trois. Le secteur a gardé ses clients historiques mais a su en convaincre de nouveaux.
En termes de localisation, ils sont généralement situés au bord de l’eau (mer, rivières, lacs…), à côté de grands sites touristiques et de grands sites naturels. Autre particularité : le secteur est très contraint par les risques naturels (inondations, mouvements de terrain…) Un camping sur 4 est situé dans une zone à risque…
Aujourd’hui, il est quasiment impossible de de créer un camping en France, en raison des normes d’urbanisme. Si l’on veut exercer ce métier, reprendre un camping existant est la seule possibilité.
La moitié des exploitants sont des nouveaux entrants. Ce sont par exemple des anciens boulangers, buralistes, coiffeurs…
 

Que faut-il savoir lorsque l’on veut se lancer dans ce métier ?
C’est beaucoup plus compliqué qu’un commerce normal. Un camping, c’est « un mini-village », on y trouve de la restauration, des hébergements locatifs, une piscine/des toboggans, une réception…Chaque camping a sa propre station d’épuration. Soit une multitude d’activités à gérer.
Objectivement, c’est un métier qui fait rêver et qui intéresse beaucoup de monde, mais qui demande beaucoup de préparation. Il ne faut pas sous-estimer sa complexité.
Autre particularité : 9 campings sur 10 n’ont pas d’activité l’hiver. Mais ce n’est pas parce que les campings sont fermés qu’il n’y a rien à faire. Cette période est consacrée aux travaux et à la commercialisation par mail et téléphone, qui elle ne s’arrête jamais.

Comment se structure ce secteur ?
75 % campings sont en gestion privée, 22 % sont en gestion public et 2,5 % en gestion associative.  C’est un métier très atomisé, où il y a beaucoup d’indépendants (93 %), seuls 7 % % des campings appartiennent à des groupes. En termes de formats, un camping moyen comprend entre 100 et 200 places, les petits ont moins de 100 et les gros un peu plus de 300 places (on en dénombre un peu moins de 450). Les deux tiers ont moins de 100 places.
Quelques groupes (Capfun, Vacanceselect, European Camping Group…) opèrent sur ce marché, ils ont acheté des gros campings, et se font concurrence pour acheter les plus beaux emplacements. Le prix de ces établissements est souvent inabordable pour les indépendants.  En fait, les groupes possèdent 610 campings sur les 8 000 en France. Par ailleurs, on trouve des mini-groupes détenus par des familles.

En termes d’investissements, que faut-il prévoir ?
Outre l’acquisition du terrain, il faut prévoir d’investir en permanence (piscine couverte, toboggans, SPA, saunas…), pour se mettre aux normes, financer les hébergements locatifs…Entre 20 et 25 % du chiffre d’affaires est consacré à l’investissement.
Il ne faut pas regarder que le prix d’achat et ne pas se tromper dans le business plan.  Un camping de 100 places vaut en moyenne 1 ME, auxquels il faut rajouter les investissements à venir. Tout va dépendre de sa localisation, ceux situés sur le littoral sont plus chers, et de sa configuration.

Comment ce secteur évolue-t-il ?
Il y a de plus en plus de segmentation (familles avec enfants, randonneurs…). Par ailleurs, nous sommes confrontés à la concurrence des nouveaux entrants, de type Airbnb…Cependant, nous sommes l’hébergement le plus performant pour l’accueil des familles…
La fédération s’inquiète de la disparition des petits campings (30 places) mais certains sont devenus de véritables pépites. Les équipements ont été repensés pour en faire des établissements plus hauts de gamme, recherchés par une clientèle CSP +.


 
 

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