Cession Commerce

Olivier Bourdon, coordinateur national de la Fédération des Boutiques à l'essai

Par Sophie MENSIOR - Le 16 / 11 / 2015
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Pour redynamiser les centres-villes, la ville de Noyon dans l'Oise a mis en place l'opération « Ma Boutique à l'essai », qui commence à faire des émules sur tout le territoire. Olivier Bourdon, coordinateur national de la Fédération des Boutiques à l'essai, nous explique en quoi consiste ce concept.

La démarche "Ma Boutique à l'essai" permet de créer une dynamique avec l'ouverture de nouveaux commerces

« La démarche "Ma Boutique à l'essai" permet de créer une dynamique avec l'ouverture de nouveaux commerces  »

Comment est né le concept de « Ma boutique à l’essai » ?
Le concept a vu le jour en 2013 à Noyon, sous l’impulsion du réseau d’accompagnement Initiative Oise Est, la ville de Noyon et la communauté de communes du pays noyonnais, dans le but de lutter contre la vacance des locaux commerciaux.
L’idée, c’est de proposer à un créateur de tester son projet dans un local commercial vacant, pendant six mois renouvelables. Et que celui-ci poursuive ensuite son activité en signant un bail 3/6/9. Pour que son projet soit une réussite, l’entrepreneur fait l’objet d’un accompagnement par les réseaux d’appui à la création d’entreprise (CCI, BGE…) avec mise en place de plans de financement...

Concrètement, cela s’est passé comment ?
A Noyon, le propriétaire, qui souhaitait que son local soit de nouveau occupé, a accepté de baisser le prix du loyer. Une première personne l’a occupé pendant 8 mois avec un concept d’épicerie fine, mais a dû arrêter pour des raisons personnelles. Puis une autre personne, Claire Dété, y a lancé du prêt-à-porter féminin sous l’enseigne  « mademoiselle claire », la période d’essai de 6 mois  a été renouvelée et elle a signé un bail 3/6/9.
Depuis le concept se déploie et une deuxième boutique est en passe de le tester. Cela crée une dynamique locale : 8 nouveaux commerces ont été ouverts à proximité de la boutique.
L’intérêt c’est ce que l’on parle de Noyon de façon positive, et non plus en évoquant les rideaux baissés. Cela permet de redonner un nouveau souffle à la commune.
 
Quel a été l’impact de cette première expérience ?
Très vite, beaucoup de communes nous ont appelés, nous avons même été surpris par leur nombre…Ce qui nous a incité à créer, en novembre 2014, la Fédération des boutiques à l’essai. Avec un objectif simple : accompagner les communes qui souhaitent développer ce concept.
12 communes réparties dans toute la France, de Maubeuge à Cagnes-sur-Mer, y adhèrent déjà. Il n’y a pas que des petites communes, il y aussi des villes plus importantes, comme Pau, qui veut redynamiser toute une rue. Autres exemples : un magasin de chaussures est testé à Pierrelatte, et une boutique de produits bio à Castelsarrasin.
Deux cas de figure peuvent se présenter : soit les mairies souhaitent prendre le bail et faire une sous-location, soit ce sont des propriétaires qui rentrent dans le dispositif et acceptent de conclure un bail précaire avec les porteurs de projet. En contrepartie, nous leur présentons des personnes de qualité, susceptibles de faire durer le projet.
 
 

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