Cession Commerce

Olivier Bourdon , directeur de la Fédération des Boutiques à l'essai

Par Sophie MENSIOR - Le 07 / 11 / 2016
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Le directeur de la Fédération des Boutiques à l’Essai, Olivier Bourdon, commente les grandes lignes du rapport commandé à l’Inspection générale des Finances sur la revitalisation des commerces de centre-ville. Il présente aussi le bilan des actions menées par sa fédération.

Olivier Bourdon , directeur de la Fédération des Boutiques à l'essai

« Il y a des porteurs de projet qui veulent réinvestir les commerces de centre-ville »

Lors de la remise du rapport sur la revitalisation des commerces de centre-ville, le gouvernement a annoncé qu’il allait débloquer un million d’euros pour financer les stratégies de développement urbain, est-ce une bonne chose ?
Ce n’est pas la somme de 1 million d’euros que je retiens mais plutôt le signal fort envoyé par l’Etat, qui va dans le bon sens. Il s’agit d’une aide à la prise de conscience globale du phénomène de la vacance commerciale.
Avec 1 million d’euros, on ne va pas sauver le commerce de centre-ville. On est plus dans le symbole. L’important, c’est de faciliter l’interaction entre les différents acteurs. C’est essentiel de s’appuyer sur le manager de centre-ville mais cela ne suffira pas. Une dynamique globale doit se mettre en place.
La bonne nouvelle, c’est qu’il y a des porteurs de projet, qui veulent réinvestir les commerces de centre-ville.

Comment endiguer le phénomène de vacance commerciale ?
Aujourd’hui, le commerce est en pleine mutation. L’idée, c’est de proposer dans les  centres-villes des commerces que l’on ne retrouve pas ailleurs, de faire revenir les métiers de bouche…Avec une offre différenciante, il faut attirer une clientèle qui ne se rend plus en coeur de ville.  
Il s’agit également  de faire changer les mentalités des propriétaires de locaux commerciaux, qui ont encore tendance à demander des loyers trop éléves et qui laissent trop de travaux à la charge des locataires.
Le profil des entrepreneurs a changé, il n’est plus le même qu’il y a 10 ans. Ceux qui veulent se lancer dans le commerce savent que cela va être compliqué. Du coup, leurs projets sont adaptés aux réalités du terrain, avec des plans de financement inférieurs à ce qu’ils étaient il y a quelques années. Ils préfèrent minorer leur chiffre d’affaires pour atteindre leurs objectifs.

Dans ce contexte, quel est le bilan du concept « Ma boutique à l’essai » ?
Aujourd’hui, la Fédération a été contactée par plus de 300 villes de France, il y a une véritable attente de la part des collectivités locales. Le concept a déjà été dupliqué dans 26 communes. Le Canada voudrait l’essayer, on en parle même jusqu’au Japon…. ! Notre souhait est d’avoir d’ici 2019 plus d’une centaine de villes qui mettent en place cette formule.
Attention, il ne s’agit pas de « boutique éphémère », l’objectif est vraiment de transformer l’essai. Notre but est que les entrepreneurs testent leur projet pendant six mois et que celui-ci dure dans le temps. Pour cela, nous expliquons aux bailleurs que le porteur de projet est accompagné car ce qu’ils veulent, c’est que le loyer soit payé tous les mois et que le locataire reste.
De plus, il est important de travailler avec les élus et les acteurs locaux et de les informer sur le commerce de demain. Il faudrait arriver à positionner l’enveloppe de 1 million d’euros sur la formation et l’information…
 

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