Cession Commerce

Pascal Ferron , vice-président de Walter France

Par Sophie MENSIOR - Le 21 / 01 / 2019
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Comment céder son commerce ou son affaire artisanale ? Pascal Ferron, vice-président du groupe d’expertise-comptable Walter France, nous livre quelques conseils pour bien réussir cette opération.

Pascal Ferron , vice-président de Walter France

« Le cédant a toujours intérêt à faciliter la transmission pour le repreneur »

Que faut-il savoir lorsque l’on veut céder son affaire ?
Il faut anticiper, y réfléchir au moins deux à trois ans avant, et surtout ne pas attendre le dernier moment. Une des premières choses à faire est de discuter avec  son expert-comptable des conditions fiscales de la cession car la fiscalité change en permanence. Il faut savoir à quoi s’attendre et être averti de l’actualité.
Parfois, il peut être intéressant de céder le fonds de commerce mais de garder la Sarl si celle-ci est soumise à l’IS (impôt sur les sociétés)…
Cela suppose de faire un bilan personnel : combien vais-je toucher à la retraite, comment  vais-je vivre avec le capital obtenu lors de la vente plus les revenus de la retraite. ..
 

Comment trouver un repreneur ?
Ensuite il faut savoir à qui l'on veut vendre, si l’on veut céder à l’intérieur de la famille, à un salarié ou à un repreneur extérieur…
Dans le cas d’une affaire artisanale, transmettre à un salarié est plutôt une bonne chose. S’il est là depuis longtemps, il a appris son métier avec le cédant… C’est souvent le souhait de l’artisan, mais cela n’est pas toujours possible. Beaucoup sont de très bons techniciens mais diriger une entreprise demande d’autres compétences et du temps.
Aujourd’hui, il est obligatoire de prévenir toute l’entreprise pour favoriser la reprise par le personnel. Mais on n’a pas besoin d’une loi pour transmettre aux salariés. Cette mesure est contraignante mais on fait avec.

Quelles sont vos autres recommandations ?
Dans le cas des commerces, il faut commencer à liquider le stock quelques mois avant la cession. Il ne faut pas en avoir trop car celui-ci rentre dans le prix de vente. Le commerçant doit donc l’alléger, mener des opérations de promotion... De façon générale, le cédant a toujours intérêt à faciliter la transmission pour le repreneur.
Autre conseil : il ne faut pas trop investir car de toute façon le repreneur mettra sa patte, sauf s’il s’agit d’une transmission familiale.
Quant à la négociation, elle s’effectuera avec un acheteur, qui veut payer le moins cher possible et un cédant, qui veut vendre le plus cher possible... Dans ce cadre, un bon conseil est une personne, qui met de l’huile dans les rouages pour que l’opération aboutisse. Et qui trouve des solutions.

Faut-il un accompagnement de la part du cédant ?
Dans le commerce, cette phase ne doit pas durer très longtemps. Dans l’artisanat, cela peut être un peu plus long surtout lorsqu’il y a des aspects techniques à maîtriser…Mais il ne faut pas que cela s'éternise sinon cédant et repreneur risquent de se marcher sur les pieds. Sauf si le vendeur conserve une fonction bien spécifique : continuer à suivre un client, continuer à prospecter…
Pour les petites PME, l’accompagnement doit durer trois mois grand maximum. Mais généralement, au bout de 15 jours, tout le monde en a marre.
               





 

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