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Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes

Par Sophie MENSIOR - Le 02 / 09 / 2019
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Confrontés à une baisse de la consommation du tabac, les buralistes doivent évoluer. Philippe Coy, président national de la confédération des buralistes, nous explique comment ils ont entrepris leur diversification. Les pistes ne manquent pas…

Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes

« Les buralistes redeviennent un réseau séduisant »

Les buralistes dénoncent régulièrement le développement du marché parallèle, qu’en est-il réellement ?
C’est devenu une réalité : il représente 28 % de la consommation sur le marché français, selon une étude KPMG, une étude contestée car financée par les industriels du tabac. Il faut y porter toutes les attentions nécessaires mais ce n’est pas mon sujet n° 1. Mon sujet prioritaire, c’est le projet de transformation des buralistes.

Justement, pourquoi ce plan de transformation ?
Il s’agit d’un chantier en profondeur. Je peux en parler avec mes trois casquettes : buraliste dans la commune de Lescar (Pau), élu de la CCI (Chambre de commerce et d’industrie) et président de la confédération des buralistes depuis octobre 2017.
Mon idée, c’est qu’à partir d’une difficulté, -le paquet de cigarettes à 10 € en 2020- , il faut en faire une opportunité. Nous avons 24 500 points de contact sur tout le territoire, 10 millions de clients nous fréquentent tous les jours et 42 % ne viennent pas pour acheter du tabac. Celui-ci représente maintenant entre 65 et 90 % de nos revenus, les jeux constituant le deuxième poste de recettes économiques.
 

Quel est l'objectif de ce plan ?
La question est de savoir comment on repart de cette « carotte rouge », pour faire du bureau de tabac un lieu du quotidien des Français, un lieu de destination pour des achats divers. La consommation du tabac est en baisse, c’est une réalité non seulement française mais mondiale. Si les buralistes répartissent leurs sources de revenus, ils seront moins exposés à cette baisse. L’équilibre de nos points de vente passe par la pluralité de l’offre. Nous voulons être « le drugstore » du quotidien des français (timbres, services fiscaux…)
La négociation de ce plan de transformation, abondé de 80 ME, a été menée sur 3 fronts en même temps : l’Etat, avec le ministre de tutelle Gérald Darmanin, les Jeux (FDJ et PMU) et la distribution (Logista). Ce plan se déroule de 2017 jusqu’en 2021. Cela fait un soutien financier de 33 000 € par point de vente.
Notre métier ne va plus se pratiquer de la même façon qu’avant, nous devons penser le commerce différemment.

Et les produits de vapotage ?
C’est un marché, qui compte 2,5 millions d’usagers, le marché français est le deuxième au monde après celui des Etats-Unis. Au début, le réseau a vu le diable…Aujourd’hui, les buralistes proposent du tabac traditionnel, des produits de la vape et du tabac chauffé (une micro-cigarette avec un dispositif électrique).

Quelles sont les autres pistes de diversification ?
Nous avons signé une convention avec l’AMF (Association des maires de France), afin de porter des visions croisées sur les territoires. Il s’agit de compléter le maillage des collectivités en apportant des services au public.
Par exemple, nous allons tenter des expérimentations dans l’Aude, en installant des bornes digitales, relais de la CAF. Dans le même ordre d’idées, nous lançons une opération « collecte des mégots ».
Autre exemple de diversification réussie : le compte Nickel, qui affiche, 1,3 millions de titulaires, 5 200 buralistes agréés. Ceux-ci apparaissent comme des relais de confiance.
Par ailleurs, la confédération va signer un partenariat historique avec la SNCF, pour vendre des billets de train. C’est dans la continuité de nos activités car nous vendons déjà des tickets de bus et de métro.
En outre, nous devons intensifier le système des relais colis, avec l'opérateur Mondial Relay.
Pourquoi ne pas envisager un partenariat avec Airbnb, où le buraliste serait un tiers de confiance pour la remise des clés… ?

Pouvez-vous nous donner votre position par rapport à la vente de cannabis ?
Si le législateur l’officialise, nous avons le meilleur réseau encadré, contrôlé pour le distribuer…
Les pistes de diversification ne manquent pas…Tout ne sera pas réalisable…Des opportunités se présentent à nous…Les buralistes redeviennent un réseau séduisant !
D'autant que, malgré la conjoncture, nous constatons une vraie recrudescence des transactions de fonds de commerce, ce qui est très encourageant. Nous observons également un renouvellement de la population, le métier attire des jeunes couples en reconversion.








 

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