Cession Commerce

Philippe Daquai, président de la Fédération nationale des détaillants en chaussures de France (FDCF)

Par Sophie MENSIOR - Le 21 / 03 / 2016
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Que faut-il savoir pour devenir détaillant en chaussures aujourd’hui ? Philippe Daquai, président de la Fédération nationale des détaillants en chaussures de France (FCDF), nous livre quelques conseils pour réussir dans ce secteur.

Il y a encore des créations et des belles réussites dans le secteur de la chaussure

« Il y a encore des créations et des belles réussites dans le secteur de la chaussure  »

Présentez-nous la situation des détaillants indépendants…

On dénombre environ  4 000 entreprises et 6 000 points de vente indépendants,  implantés surtout dans les centres-villes,  et représentés par  notre syndicat.  La disparition des points de vente, - des affaires d’un certaine taille mais vieillissantes-,  est souvent absorbée par une création. Ce n’est pas désastreux, il y a des affaires assez dynamiques. Il y a de place pour tout le monde car il y a suffisamment de produits à vendre.  D’autant que les Français font partie des plus gros consommateurs de chaussures au monde. Il  y a encore des créations et des belles réussites.
 

Que faut-il savoir pour se lancer sur ce marché ?

Il faut une mise de fond d’environ 100 000 euros, notamment pour financer le stock, qui constitue le poste le plus important, le pas de porte et les divers aménagements…
Il n’est pas obligatoire de s’installer sur un emplacement numéro 1, il possible de s’implanter sur un numéro 2. Pour bien s’en sortir, la boutique doit dégager 200 000 euros de chiffre d’affaires par an et par personne, donc  400 000 euros à deux.
Lorsqu’on se lance,  il ne faut surtout pas chercher à concurrencer les points de vente existants mais plutôt créer une boutique, qui a sa propre personnalité, ses propres produits.
 

Quelle taille de ville cibler ?

Si l’on veut être spécialiste enfants, il faut viser des villes d’au moins 50 000 habitants, en dessous cela risque d’être difficile…Il sera plus facile d’être spécialiste femme qu’hommes,  dans ce cas il faut  s’installer dans une ville d'au moins 80 000 habitants.
Lorsque l’on est généraliste, la femme représente généralement un peu plus de 50 % de l’activité, l’enfant 20 % et l’homme 20 %.  
Les détaillants sont soumis à une forte concurrence, celle des magasins de sport, d’habillement, de la grande distribution surtout pour les pantoufles et des chaînes situées en périphérie des villes (comme La Halle aux Chaussures…)
 

Qu’en est-il de la concurrence d’Internet ?

Cela reste modeste. En France, elle représente 6 % du chiffre d’affaires du secteur alors qu’en Allemagne, on est entre 10 et 12 % et en Norvège, elle atteint même les 30 %. Ces sites de vente en ligne n’ont pas fait encore fait la preuve de leur rentabilité et enregistreraient un grand nombre de retours, supérieurs à 80 %. En France, on recense quatre sites d’indépendants, qui ne fonctionnent pas trop mal, en s’appuyant sur le stock de leurs magasins. C’est par exemple le cas de Bessec Chaussures en Bretagne ou de Jef Chaussures.
 

Avez-vous d’autres conseils à donner…

Dans la vente de chaussures, il  y a plusieurs aspects à maîtriser : le modèle, le style et la forme. La notion d’essai est importante : lorsqu’un client rentre dans une boutique, il y a une chance sur deux pour qu’il reparte avec un autre modèle, que celui qu’il avait envisagé au départ. La chaussure est un produit de mode, donc elle évolue très vite et se démode très vite…En outre, il est important d’avoir de belles vitrines car c’est le premier vecteur de communication, qui fera rentrer les clients dans le magasin.

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