Cession Commerce

Philippe Daquai , président de la Fédération des Détaillants en chaussures de France (FDCF)

Par Sophie MENSIOR - Le 01 / 04 / 2019
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La Fédération des détaillants en chaussures de France (FDCF), qui fête ses 100 ans, propose au gouvernement 10 mesures urgentes pour assurer la pérennité du secteur. Philippe Daquai, son président, nous explique dans quel contexte se situent ces propositions.

Philippe Daquai , président de la Fédération des Détaillants en chaussures de France (FDCF)

« Nous voulons privilégier les soldes et leur redonner leur vraie fonction »

Vous venez de proposer 10 mesures urgentes pour assurer la pérennité du secteur des détaillants en chaussures, quel est leur but ?
Ces mesures viennent d’être adressées au Premier ministre et au ministère de l’économie. Nous les avons également présentées lors de la soirée des 100 ans de la Fédération et l’accueil est plutôt favorable, nous amenons des idées nouvelles. Dans un deuxième temps, nous allons les adresser aux députés et sénateurs, qui interviennent dans les commissions liées au commerce.
Nous voulons les interpeller car notre métier est en danger, le risque est de voir de nombreuses fermetures de magasins dans les années à venir.
 

Comment a évolué votre profession ?
Au cours des 50 dernières années, on a vu arriver les grandes surfaces, auxquelles on n’a pas si mal résisté … Puis les sites internet de vente de chaussures, tels que Spartoo, qui a racheté André, l’acteur historique de la chaussure et Sarenza, qui a été repris par Monoprix. Aujourd’hui, il reste l’allemand Zalendo, et Amazon, c’est le site qui nous fait le plus de concurrence…
Avec le mouvement des Gilets Jaunes, la fin de l’année a été très difficile. Le fait que les manifestations se déroulent le samedi a été très pénalisant. Car dans notre métier, un samedi représente 10 % du chiffre d’affaires du mois. En revanche, les soldes ont enregistré des résultats plutôt positifs.

Justement parmi vos 10 mesures, vous voulez maintenir les soldes ….
Aujourd’hui les soldes ne sont plus des soldes. La bonne gestion des commerces était liée en partie, au bon déroulement des soldes deux fois par an, avec pour fonction de liquider les stocks de saison et de reconstituer la trésorerie. Nous voulons revenir à la notion de « prix de référence » et redonner aux soldes leur vraie fonction.
Les promotions quasi-permanentes ne sont pas logiques, on ne doit passer son temps à les attendre. Il faut redonner aux clients le plaisir de consommer.

La fédération veut aussi faciliter la création et la reprise d’entreprises, par quel moyen ?
Oui, pourquoi n’y a-t-il aucun avantage fiscal lorsqu’on décide de monter un commerce ? Nous proposons la création d’un amortissement fiscal, il s’agit d’une petite disposition pour aider un professionnel à démarrer.
Notre démarche n’est pas utopique, nous formulons des propositions pour pérenniser les entreprises.

Quel type de magasins représente votre fédération ?
Nous représentons le commerce de centre-ville indépendant, et certains franchisés. Soit un peu plus de 4 000 entreprises, 5 300 magasins ; 87,3 % d’entre eux sont en effet situés en centre-ville.
En revanche, nous ne représentons ni les succursalistes, ni les enseignes de chaussures …



 

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