Cession Commerce

Philippe Olivier, président de la Fédération nationale des détaillants en produits laitiers (FNDPL)

Par Sophie Mensior - Le 08 / 11 / 2013

Président de la Fédération nationale des détaillants en produits laitiers (FNDPL) depuis 2010, Philippe Olivier vient d’être réélu pour un mandat de trois ans. Il nous explique comment évolue ce métier et quelles sont les chantiers de la fédération.

Philippe Olivier, président de la Fédération nationale des détaillants en produits laitiers (FNDPL)

« Les crémiers-fromagers veulent être reconnus et acceptés dans l'artisanat »

 Vous venez à d’être réélu pour un deuxième mandat à la tête de La Fédération nationale des détaillants en produits laitiers. Présentez-nous cette profession ?
Elle revient de loin. Après-guerre, il  y avait 12 000 crémiers-fromagers, puis leur nombre était  tombé à 2 000. Aujourd’hui, il remonte à 3 200. Le nombre d’adhérents à la fédération est également en progression : on est passé de 500 à 600 adhérents à presque 1 000, aux alentours de 920/940. Nous nous sommes donnés comme objectif d’atteindre les 1 000 membres, ce qui est un bon ratio pour 3 200 détaillants.
Aux côtés des deux zones fortes que sont la région parisienne et la région lyonnaise, nous avons maintenant des adhérents  de Rennes, du Jura….

Quelles sont vos missions ?
Tout d’abord la formation, avec un centre basé à Paris, rue des Fillettes, dans le 18ème arrondissement.  Nous avons un certain succès parmi les jeunes de 25 à 30 ans, qui sont en repositionnement de vie. Nous avons eu aussi une hôtesse de l’air, un joueur de foot…des personnes qui ont déjà travaillé dans d’autres secteurs. L’idéal c’est de faire 1 an ou 2 au centre de formation avec des stages en entreprise pour pouvoir s’initier à ce métier avant de s’installer. Le fromage, ce n’est pas une boîte de conserve, c’est un produit saisonnier, un produit vivant…Il y a des places à prendre sur ce marché. Par exemple au Havre, il n’y a pas de crémier-fromager…
Outre la formation, il faut  aussi avoir plusieurs "fils" à son arc : une partie du chiffre d’affaire doit se faire en boutique, une partie pour des buffets, réceptions et une partie en approvisionnement des cafés…Dans les villes moyennes, si le chiffre d’affaires ne se fait qu’en boutique, cela va être difficile.
 
Justement, comment se porte ce secteur ?
Pour l’année 2013, en région parisienne et dans les 10 plus grandes villes de France, on enregistre une légère progression, dans les villes moyennes on est à zéro et dans les villes plus petites, cela peut être de -10 à -15 %.
Parmi nos atouts : la grande distribution a fermé quelques rayons à la coupe de fromage, cela nous est favorable.
Il y a peut-être des choses à changer, comme les horaires d’ouverture. Pour maintenir  leur chiffre d’affaires, certains détaillants pratiquent  la journée continue mais décalent leurs horaires d’ouverture  (ils démarrent  à 9h30 le matin et ferment à 20h-20h30 en supprimant la coupure du midi). Ce changement d’horaire s’est fait dans les grandes villes, dans les villes moyennes on y vient aussi. La crise oblige les commerçants à s’adapter.
 
En tant que président de la fédération, quels sont vos objectifs ?
Nous aspirons à être reconnus et acceptés comme un vrai métier de l’artisanat, et ne plus être considérés comme de simples épiciers.  Nous voulons rentrer dans la famille des artisans, et y être à égalité avec les autres professions alimentaires.
L’erreur de notre métier  a été de laisser tomber complètement la crémerie, nous la remettons au goût du jour avec des formations sur les produits fais. Nous allons promouvoir ce type de produits  lors du Salon du fromage, qui se tiendra fin février 2014 dans le cadre du Salon de l’Agriculture, avec un stand qui s’appellera « la crème de la crème ».
Notre profession repart, il faut être optimiste pour faire avancer les choses.
 
 
 

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