Cession Commerce

Rémy Oudghiri, responsable de la prospective chez Ipsos Marketing

Par Sophie Mensior - Le 22 / 06 / 2009
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Ipsos Marketing a mis au point un Observatoire de la crise, qui a permis de dresser une typologie des consommateurs. Rémy Oudghiri, responsable de la prospective,  nous en présente les principales caractéristiques.

La consommation ne s'est pas effondrée

« La consommation ne s'est pas effondrée »

Vous avez lancé en décembre dernier un Observatoire de la crise, quel est son objectif ?
Nous avons mis au point cet outil pour suivre le comportement du consommateur et ses intentions d’achat dans 5 pays européens. Depuis décembre, cela nous fait 6 vagues et nous relançons ce dispositif à partir de juillet, tous les deux mois.

Qu’avez-vous constaté ?
L’évolution des intentions des consommateurs est en ligne avec ce que mesure l’INSEE. C'est-à-dire qu’il y a descente aux enfers (chute des achats et des intentions d’achat) entre décembre 2008 et mars 2009 mais qu’à partir de mars, avril, les choses se stabilisent voire remontent. Il y a un peu de positif à l’intérieur du négatif. Autre indicateur mis en évidence: la consommation des produits bio, c’est un mouvement de fond qui a commencé avant la crise mais qui est réel.

Votre étude dresse une typologie de consommateurs, quelles en sont les grandes lignes ?
Nous avons dégagé 3 grandes catégories : ceux qui restent stables, ceux qui ont diminué leurs dépenses et ceux qui au contraire ont augmenté leur consommation. Ils ne sont que 13 % mais c’est un groupe significatif, nous les appelons « les dopés ». Pour eux, la crise est une opportunité de faire des bonnes affaires, en profitant des promotions, des prix avantageux.
Deuxième grande catégorie : ceux qui n’ont pas changé, c'est à dire les imperturbables (23 %) et les spectateurs de la crise (17 %). Si on y ajoute les dopés, cela fait une courte majorité de gens, qui n’ont pas changé voire augmenté leurs achats. Dernière catégorie : ceux qui ont réduit la voilure, c'est à dire les ultra-fragilisés (19 %), les précautionneux (13 %) et enfin les déroutés (15 %), ceux-ci dépensent moins et font défaut aux marques, à la VPC...

Vos prévisions ?
Dans les 6 prochains mois, au mieux, il y aura statu quo ; au pire, il y aura augmentation des ultrafragilisés et des déroutés. Mais le côté positif, sans être non plus dans la joie béate, c’est que tout ne s’est pas effondré et que l’étude n’a pas identifié d’envie de "déconsommer".


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