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Roland Heguy, Représentant de l'hôtellerie indépendante à l'UMIH

Par Jean Couderc - Le 17 / 12 / 2007

Le Livre blanc du Comité pour la modernisation de l'hôtellerie française fait jaser. L'occasion de faire le point avec Roland Heguy sur l'état du parc hôtelier français qui espère une souplesse dans la mise en place de la nouvelle réglementation.

Roland Heguy, Représentant de l'hôtellerie indépendante à l'UMIH

« Il faut que la réglementation soit plus souple pour les petits établissements. »

Le rapport de Mark Watkins est assez alarmiste, non ?
À l'UMIH, nous sommes conscients depuis longtemps de cette faiblesse. On sait que sur 600 000 chambres, seule la moitié est aux normes. Sur les 300 000 qui ne satisferaient pas aux contrôles, on considère que 150 000 sont en grosse difficulté. On touche là, du doigt, le problème de l'homogénéité dans la tranche 0-2 étoiles.

C'est-à-dire ?
Il faut bien comprendre que l'hôtellerie est une activité qui requiert de gros capitaux. Une rénovation complète pour une chambre coûte 50 000 euros ! Si vous voulez proposer les services et la qualité qu'attend le client, c'est un investissement très lourd. Les établissements situés en zone rurale ou montagneuse ne disposent pas d'une rentabilité suffisante pour procéder aux travaux.

Que faut-il faire pour uniformiser le secteur ?
L'accent va être mis sur les étoiles. Jusqu'à présent, elles étaient attribuées à partir de critères administratifs, comme la surface de la chambre ou la présence d'une douche. Les nouvelles normes, attendues en 2008, vont introduire la notion de qualité et d'hygiène dans le référencement.

Cette mesure ne risque-t-elle pas d'accroître les écarts ?
En effet. Les établissements en difficulté aujourd'hui vont faire un transfert en devenant, non plus hôtels de tourisme, mais de préfecture. D'autres pourront également choisir de se transformer en chambres d'hôtes, qui est une activité moins contraignante réglementairement parlant.

Cette initiative ne va-t-elle pas compliquer encore davantage la question des transmissions ?
Nous sommes effectivement embarrassés sur ce point. Les hôtels qui ne sont pas aux normes sont invendables. Nous sommes favorables pour nous engager dans une démarche de qualité, mais il nous semble, à l'UMIH, qu'il serait souhaitable de tenir compte des disparités : la réglementation doit être plus souple pour ne pas asphyxier quantité de petits établissements.

C'est une politique à deux vitesses que vous préconisez en somme ?
Exactement. Demander de calfeutrer un plancher en chêne n'a pas sens. Il ne faut pas confondre rusticité et insalubrité. La disparition d'un hôtel est une rude perte pour un village ou même une ville. Il faut donc qu'il y ait une politique économique réfléchie.

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