Cession Commerce

Stéphane Vromman, co-fondateur de Bulb in Town

Par Sophie MENSIOR - Le 16 / 02 / 2016
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Le financement participatif (ou crowdfunding) fait aussi des adeptes chez les artisans et les commerçants. Stéphane Vromman, co-fondateur d’une plate-forme dédiée aux projets de proximité, nous raconte comment elle fonctionne et comment ce secteur évolue.

Une opération de financement participatif constitue un bon moyen de communiquer et de faire parler de son projet

« Une opération de financement participatif constitue un bon moyen de communiquer et de faire parler de son projet  »

Présentez-nous Bulb in Town, quelle est sa particularité ?
Il s’agit d’une plate-forme de financement participatif de proximité, qui permet de soutenir des projets " près de chez soi."
Nous sommes amenés à accompagner des TPE-PME,  en premier lieu des commerçants et artisans de proximité.  Le principe : leur permettre de financer leur projet ou une partie de leur projet. En échange de leur soutien, il existe des contreparties  de deux ordres. Soit en nature : cela peut être des produits ou services liés à l’entreprise. Par exemple, une plaque au nom du donateur dans la boutique. La personne, qui soutient le projet, doit avoir un statut particulier, bénéficier de bons plans… Ces contreparties vont permettre de créer du lien entre le projet et ses contributeurs. C’est le cas de figure le plus courant.
Soit ce sont des parts dans l’entreprise, les personnes investissent  dans des projets près de chez eux, qui sont souvent de taille plus importante.

Quels sont les montants moyens des projets ?
Lorsqu’ il s’agit de dons, le montant moyen est d’environ 5 500 € (majoritairement entre 2 000 et 10 0000 €) ; quand ce sont des entrées au capital d’une entreprise,  les montants vont de 50 000 à 1 million d’euros.
Par exemple, nous avons pu accompagner une sandwicherie, pour le financement de son comptoir, une librairie pour son mobilier ou encore une pâtisserie pour sa vitrine réfrigérée.
Ce type d’opération constitue un bon moyen de communiquer et de faire parler de son projet, d’avoir une histoire à raconter…
Par exemple, pour la Boucherie du Village dans un petit village du Gers de 1 000 habitants, 230 personnes (près d’un quart) ont soutenu le projet. Nous avons pu collecter 13 500 € pour son ouverture.
 
Il semble que toutes les opérations n’aboutissent pas…
Le taux de succès est de 75 %,  il atteint 100 % lorsqu’il s’agit de participations au capital. Quand cela ne fonctionne pas, c’est qu’il y a un déficit de motivation du porteur de projet, il doit prendre en main sa campagne. Nous avons un système de coaching, nous pouvons lui fournir un kit de communication, des conseils, des outils…
 
Comment vous rémunérez-vous ?
Nous nous rémunérons uniquement en cas de succès. Quand cela fonctionne, nous prenons une commission de 8 % du montant total collecté (5 % pour nous et 3 % pour couvrir les frais bancaires liés à l’opération).

Quel bilan tirez-vous  depuis votre création ?
Nous existons depuis trois ans, avec un bilan très positif. 2015 a été une belle année. Depuis le début, nous avons financé 300 projets et collecté 4 ME.
Nous avons encore une bonne marge de progression. Pour nous faire connaître, nous avons noué des partenariats  avec un certain nombre de réseaux d’accompagnement (CCI, France Active, Initiative France, l’Adie, les experts-comptables…) C’est important pour eux de pouvoir proposer ce mode de financement…

Quels sont vos rapports avec le monde bancaire ?
La vision des banques a beaucoup changé à notre égard, au début elles nous voyaient comme des concurrents. Aujourd’hui, elles ont fait le constat qu’il y a de la place pour tout le monde. Nous avons mené une expérimentation avec le Crédit Agricole Charente-Périgord. Nous discutons et réfléchissons ensemble.

Comment voyez-vous évoluer le secteur du financement participatif ?
Le marché va se structurer. Aujourd’hui, nous sommes dans une phase de stabilisation. Dans quelques temps, il ne restera qu’un ou deux généralistes et quelques plates-formes axées sur des positionnements particuliers (immobilier, sport…)
 

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