Cession Commerce

Thierry Millon, responsable des études d'Altares

Par Sophie Mensior - Le 10 / 04 / 2012
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Le deuxième baromètre Bodacc-Altares sur les ventes et cessions de commerces et d’industries vient d’être publié. Thierry Millon, responsable des analyses d’Altares, commente ses principaux enseignements.

Les prix de cession sont plus élevés au Nord qu'au Sud de la France

« Les prix de cession sont plus élevés au Nord qu'au Sud de la France  »

Quel est l’objectif de ce baromètre ?
Il y a peu de données sur la reprise et la cession. Avec le Bodacc (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales), nous avons une information exhaustive sur l’ensemble des opérations de vente et de cessions de fonds de commerce conclues en France.
C’est à l’acquéreur de faire la publicité de l’acte de vente très rapidement, dans un délai de 10 jours. Les informations disponibles portent sur l’acquéreur : son nom, ses coordonnées, le montant de la transaction, la nature du fonds, les coordonnées du séquestre…

Comment expliquer la hausse du nombre de transactions et des prix de cession en 2011 ?
Quand une annonce est publiée en septembre, c’est généralement que les transactions ont été engagées au premier trimestre. Or en 2011, le premier semestre a été plutôt bon  et le deuxième plus chahuté en raison des fortes turbulences financières de l’été. Pour les annonces parues au deuxième semestre, les négociations ont démarré quelques mois plus tôt, lorsque le niveau de confiance était plus important.
Pendant la crise, les vendeurs ont différé la cession de leur activité en attendant un meilleur contexte. En 2011, les repreneurs ont saisi des opportunités de croissance, encouragés par un climat économique plus favorable. On constate qu’un certain nombre de PME ont repris des fonds, afin de développer leur affaire.
 
Pour ce deuxième baromètre, quelle est la tendance ?
Nous avons retiré 2 types de transactions, celles dont le montant est supérieur à 10 millions d’euros (soit une quarantaine d’opérations) et celles en dessous de 10 000, ce sont généralement des reprises à la barre ou des transactions familiales « bradées ». Seules 3 % des transactions sont écartées. Le prix moyen de vente s’établit à 187 000 euros, soit une augmentation très sensible par rapport à 2010.
 
Quels sont les prix moyens dans le commerce de détail ?
Dans l’alimentaire, les boucheries et poissonneries sont à un peu plus de 100 000 euros, les boulangeries 115 000 ; les épiceries 80 000. Pour les loisirs, les  papeteries-journaux se vendent à 170 000 euros, avec un prix en hausse, en revanche les libraires souffrent beaucoup et se vendent à 124 000 euros (154 000 en 2008).
Les magasins de chaussures se  comportent bien à 200 000 euros, le prêt-à-porter (140 000) a connu 3 années difficiles et n’a pas encore retrouvé son niveau de 2008.
En ce qui concerne les soins à la personne, ce sont les pharmacies qui tirent les prix avec des transactions qui tournent autour de 1,2 ME ; les opticiens se maintiennent aux environs de 300 000 euros.
Mais derrière ces moyennes, il y a de fortes disparités, selon les secteurs, les régions, les villes ou même selon les quartiers d’une ville. La France est partagée en deux : les prix sont plus élevés au Nord qu’au Sud.
 
 

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