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Reprendre un bar : savoir se diversifier

Par Sophie MENSIOR - Le 20 / 11 / 2017
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Reprendre un bar : savoir se diversifier

Vivre avec le bar « pur » ne suffit plus. L’exploitant devra proposer également de la restauration et diversifier ses activités, surtout s’il est situé en zone rurale. Le bistrot doit rester un lieu de vie, où les consommateurs ont envie de s’y rendre.

Le bar-formica, c’est bel et bien fini. « Les jeunes générations qui se lancent dans ce métier ont des idées et créent de nouveaux concepts », souligne Laurent Lutse, président de la branche cafés, brasseries, établissement de nuit à l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie).  Ce qu’elles proposent : nouveaux décors, Happy Hours, bar lounge, cocktails, vin au verre…
Place à l’imagination et à l’innovation, si l’on veut se lancer dans ce métier.

Chute du nombre d’établissements

Il faut dire que cette profession a bien changé et a vu son nombre d’établissements sérieusement baisser. Aujourd’hui,  on dénombre 32 000 bars-brasseries, alors qu’il y avait 500 000 bistros avant la guerre de 14-18 et 200 000 dans les années 1960. Autre chiffre qui démontre la chute des établissements : 11 000 communes n’ont plus de bistrot.
C’est pourquoi des initiatives se font jour pour maintenir les cafés dans les zones rurales, qui constituent des lieux de convivialité et permettent de maintenir du lien social.
Vivre uniquement avec le bar pur n’est plus possible aujourd’hui. Les professionnels de ce secteur doivent proposer de la restauration, soit des plats du jour, du snacking…On voit certains établissements mettre à la carte des tapas, du foie/gras, saumon…

Proposer des animations

Pour vivre correctement, surtout dans les zones rurales, il convient de diversifier son activité  en vendant du tabac, des jeux (Française des Jeux, PMU…), voire des journaux ou en étant dépôt de pain. « Il ne faut pas hésiter à diversifier ses activités », confirme Stéphane Mavel, qui possède un bar-hôtel-restaurant, l’Hôtel de l’Abbaye, dans un petit village de 1200 habitants dans le Puy de Dôme. « Pour nous le bar, qui attire surtout une clientèle locale, c’est très important mais tout seul cela ne suffit pas », raconte-t-il. Ainsi il propose des pizzas à emporter,  du PMU, des jeux de la Française des Jeux... Sachant que le café offre une vaste amplitude horaire, de 7 h du matin jusqu’à 23h-minuit. « Je fais les deux, ouverture et fermeture. Il faut être disponible pour les clients », appuie Stéphane Mavel.
Optimiste, cet auvergnat de 37 ans veut faire de son bar un vrai lieu de vie et propose des animations, telles que soirées rugby avec écran géant. Pour cela, il n’hésite pas à communiquer sur les réseaux sociaux, notamment sur sa page Facebook.

Légère hausse du CA en 2016
Quel chiffre d’affaires génèrent ces établissements ?  « Beaucoup de ces petits bistros ne gagnent même pas le SMIC, souvent le conjoint doit travailler à l’extérieur pour boucler ses fins de mois », explique Laurent Lutse.
Selon les chiffres publiés par la FCGA (Fédération des centres de gestion agréés),  l’activité des cafés jeux, a enregistré en 2016 une légère hausse de chiffre d’affaires  de +1,2 % pour s’élever en moyenne à 135 000 euros. Quant aux cafés, tabac, jeux, journaux, leur chiffre d’affaires moyen est de 194 000 euros, en très légère hausse de +0,2 %.

Profession règlementée

Pour ouvrir un bar, il faut remplir plusieurs conditions car il s’agit d’une profession réglementée : il faut passer son permis d’exploitation, trouver une licence IV et décrocher un crédit. Cette dernière étape peut s’avérer une phase compliquée, les banques n’étant pas toujours enclines à financer ce type de projet. Il faudra constituer un solide dossier et disposer d’un apport personnel conséquent, faute de quoi la réponse risque d’être négative.
Le plan de financement dépendra aussi de l’emplacement de l’affaire. La situation ne sera pas la même s’il s’agit d’une brasserie dans les beaux quartiers parisiens ou d’un bar dans une petite ville…
 

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