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Reprendre un camping : une multitude d'activités à gérer

Par Sophie MENSIOR - Le 03 / 06 / 2019
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Reprendre un camping : une multitude d'activités à gérer Considérée comme le pays du camping, la France représente 30 % des capacités d’accueil en Europe. Aujourd’hui, il n’y a plus de création possible, reprendre un établissement existant sera la seule possibilité d’exercer ce métier. Ce qui demande beaucoup de préparation et d’investissements.

Reprendre un camping : une multitude d'activités à gérer

Tentes, yourtes, tipis, mobil ’homes, campings cars, cabanes dans les arbres…Le camping a bien changé…Ses adeptes peuvent aujourd’hui tester des modes d’hébergements variés, -du camping à la ferme aux structures plus sophistiquées-, correspondant à différents moyens financiers.

Comment ce secteur s’est-il transformé ? On dénombrait 500 campings en 1948, leur nombre avait grimpé jusqu’à 9 000 à la fin, des années 1990. Aujourd'hui, il y en a 7 900. En 20 ans, le secteur en a perdu 1 000 et 50 000 emplacements. Dans ce même temps, le chiffre d’affaires a été multiplié par trois passant de 800 ME à 2,5 milliards d’euros.

Une clientèle à 70 % française

En 2017, l’hôtellerie de plein air affiche 22 millions de clients, dont 70 % sont français. En ce qui concerne la clientèle étrangère, elle est composée à 99 % d’Européens. « Les étrangers sont plus adeptes du haut de gamme que les Français, et plus présents en rétro-littoral, c’est-à-dire dans les départements de l’intérieur », précise Nicolas Dayot, président de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air.

« Aujourd’hui, il est quasiment impossible de créer un camping en France, en raison des normes d’urbanisme, Si l’on veut exercer ce métier, reprendre un camping existant est la seule possibilité », précise-t-il.

« Ce qui est le plus simple, c’est de racheter un petit camping, de le développer, de le revendre et d’en acheter un autre plus important », complète Loïc Peron, exploitant d’un camping à Bidart, au pays basque.

« Lorsque l’on démarre, complète Michel Dubié, exploitant dans les Hautes-Pyrénées, l'idéal c’est de respecter la règle des trois tiers. C’est-à-dire un tiers d’emplacements nus (pour tentes et caravanes), un tiers d’emplacements locatifs, qui permettent d’allonger la saison et un tiers d’emplacements résidentiels (emplacements loués à l’année), qui apportent une trésorerie constante ».

Que faut-il savoir lorsque l’on veut exercer ce métier ? « C’est beaucoup plus compliqué qu’un commerce normal », estime Nicolas Dayot. C’est un "mini-village", on y trouve de la restauration, des hébergements locatifs, une piscine, des toboggans, une réception…Chaque camping a sa propre station d’épuration. Soit une multitude d’activités à gérer.


Investir en permanence
 

Outre l’acquisition du terrain, il faut prévoir d’investir en permanence pour se mettre aux normes, financer les hébergements locatifs. Entre 20 et 25 % du chiffre d’affaires doit être consacré à l’investissement.

Il ne faut pas regarder que le prix d’achat et ne pas se tromper dans le business plan. Un camping de 100 places vaut en moyenne 1 M€, auxquels il faut rajouter les investissements à venir. Tout va dépendre de sa localisation, ceux situés sur le littoral sont plus chers, et de sa configuration. Les prix peuvent monter jusqu’à 20 ME.

En termes d’évolution du secteur, il y a de plus en plus de segmentation dans l’offre proposée (familles, enfants, randonneurs).

« Nous sommes confrontés à la concurrence de nouveaux entrants, de type Airbnb, cependant nous sommes l’hébergement le plus performant pour l’accueil des familles », précise le président de la FNHPA, Nicolas Dayot.

La fédération s’inquiète de la disparition des petits campings, mais certains sont devenus de véritables pépites. Les équipements ont été repensés pour en faire des établissements haut de gamme, recherchés par une clientèle CSP +. Preuve que l’hôtellerie de plein air a toujours su faire preuve d’adaptation et d’innovation.

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