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Reprendre un magasin de chaussures

Par Sophie MENSIOR - Le 03 / 12 / 2007
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Reprendre un magasin de chaussures

Mondialisation de la production, concurrence de la grande distribution, baisse du pouvoir d’achat, ce secteur a beaucoup souffert depuis 20 ans. Cibler l'offre ou ratisser large, le détaillant doit savoir analyser sa clientèle et le contexte local.

Après avoir beaucoup souffert, les détaillants ont pris les mesures nécessaires pour s’adapter à la nouvelle donne économique. Si l’on considère la moyenne des chiffres d’affaires actuels (+ 3 % en 2007 par rapport à 2006) et le nombre de points de vente (stable autour de 7 000), le secteur semble avoir retrouvé des couleurs.

Reste que le métier est devenu plus compliqué avec la mondialisation des échanges : les détaillants se fournissent désormais massivement à l’étranger, une évolution structurelle, qui a un impact sur la diversité et la qualité du produit, comme l’explique Philippe Daquai, secrétaire général de la Fédération nationale des détaillants en chaussure : “On constate une uniformisation du “chaussant”, de la forme des chaussures. Or le pied français n’a rien à voir avec l’italien qui est plus cambré que le nôtre, par exemple. Les détaillants ont donc de plus en plus de mal à présenter des produits qui correspondent à la clientèle.”

Autre effet pervers de la mondialisation : l’explosion de l’offre. Elle touche les produits bas de gamme, avec la concurrence des grandes surfaces, des magasins de sport et plus récemment des commerces tenus par les Chinois. Pour les indépendants se pose alors la question du positionnement : “ratisser large” ou “cibler” ? La décision du choix, selon Philippe Daquai, dépend pour beaucoup de la position géographique.

Dans une ville de moins de 30 000 habitants, il est préférable de ratisser large et d’être le plus généraliste possible. Dans les grandes villes, il est plutôt conseillé de cibler un domaine particulier, comme le sport ou le confort, les femmes ou les enfants, voire nouer un partenariat avec une seule marque.”

D’autres ont choisi de ne pas choisir : ils font les deux, à des endroits différents. “Beaucoup de détaillants ont désormais plusieurs points de vente, ce qui leur permet de varier leur offre, analyse Dorgal Ligonnière, de la Fédération française de la chaussure. Les indépendants deviennent des petits succursalistes, surtout en province. En jouant avec un stock important, ils ont aussi plus de poids quand ils négocient avec les industriels.”

C’est le nerf de la guerre : les détaillants s’approvisionnent deux fois par an, au moment des collections. La gestion du stock est très importante, en valeur comme en volume. Il faut en avoir le minimum mais suffisamment pour travailler ! Etant soumis à la mode, les produits ont une durée de vie de plus en plus brève. En cas de reprise, il s’agit de ne pas se tromper…

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