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Reprendre une bijouterie : des produits très affectifs

Par Sophie MENSIOR - Le 07 / 11 / 2011
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Reprendre une bijouterie : des produits très affectifs

Avec un pouvoir d’achat en berne et des cours de l’or en progression, le bijoutier d’aujourd’hui doit savoir évoluer et proposer des gammes attractives. Il doit aussi composer avec deux points délicats : le poids des stocks et la sécurité du magasin.

Depuis plusieurs décennies, le nombre de bijouteries a baissé en France, et l’on recense aujourd’hui  6 500 magasins. Avec quelques poids lourds, à l’image d’Histoire d’Or, des Galeries Lafayette et des groupes succursalistes, qui regroupent une cinquantaine de magasins. « Les indépendants sont souvent repris par des succursalistes », indique Guy Subra, président de la Fédération nationale HBJO (horlogers bijoutiers joailliers, orfèvres).
L’avènement il y a quelques années de rayons « bijoux » dans les hypermarchés a bousculé le métier. Mais passées les premières craintes des commerçants traditionnels, ce phénomène a permis de développer le marché, de le renouveler voire de le démocratiser. Aujourd’hui, la part des hypermarchés n’augmente plus, elle aurait même tendance à régresser, elle s’élève à 12 % du marché.
Sur ce marché, il y a beaucoup de reprises, car il y a beaucoup de cessions. «  C’est le papy-boom, une grande partie des bijoutiers part en ce moment à la retraite. Soit les boutiques sont reprises par des succursalistes, soit par des indépendants qui ont déjà plusieurs magasins, soit on voit des fermetures pures et dures », énonce le président de la fédération HBJO.
« La bijouterie permet à un couple de bien vivre sans trop de difficultés dans une ville moyenne », assure-t-il. La concurrence sera en effet plus soutenue dans les grandes villes que dans les villes moyennes.
Aspect capital dans ce secteur : il faut financer le stock, qui va tourner 1 fois par an. Par exemple, pour une bijouterie qui réalise 400 000 euros de chiffre d’affaires, le stock sera évalué à 100 000 euros. Le repreneur devra en financer 70 000, le reste l’étant par le crédit fournisseur.
Parmi les qualités requises pour exercer cette profession, il faut être bon gestionnaire, à l’affût des tendances, et faire preuve de dynamisme. Se positionner sur Internet fait partie de la panoplie du bijoutier d’aujourd’hui. Et surtout avoir le sens du service : « nous vendons un produit très affectif, d’où un contact privilégié avec nos clients », commente Mireille Clepkens, qui a repris avec sa sœur la bijouterie familiale, « le Comptoir Joffrin » à Paris.
En termes de tendances du secteur, on observe depuis quelques années une baisse de l’or 18 carats au profit de celui à 9 carats. Face au renchérissement du prix de ce métal précieux, on constate également le développement des bijoux en argent et en acier. Ce qui permet de proposer des gammes plus accessibles  pour le consommateur et de proposer des collections plus tendance. Preuve que le bijoutier sait s’adapter par rapport aux évolutions de son marché.
 

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