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Reprendre une laverie : vers toujours plus d'automatisation

Par Sophie MENSIOR - Le 09 / 03 / 2020
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Reprendre une laverie : vers toujours plus d'automatisation Si de prime abord, ce métier paraît facile, il y a des contraintes à connaître, des difficultés à prendre en compte. S’il n’est pas en permanence dans la laverie, l’exploitant devra y consacrer beaucoup de temps. Pour en vivre, un seul établissement ne suffit pas.

Reprendre une laverie : vers toujours plus d'automatisation

Combien de laveries automatiques recense-t-on aujourd’hui en France ? « On approche les 5 000 », indique Christine Balmont, présidente du syndicat professionnel L’AFL (Association françaises des laveries). Il s’avère difficile de donner un chiffre précis, le secteur ne possédant pas de code APE spécifique, par conséquent les laveries sont regroupées avec les blanchisseries.

Différents acteurs cohabitent sur ce marché : les exploitants, qui vivent de cette activité et qui possèdent plusieurs laveries (deux minimums, voire trois), ceux qui n’en possèdent qu’une et qui ont une autre activité à côté. Autre formule : les kiosque laveries en extérieur déployés par le groupe Photomaton, sous l’appellation Kis Wash Compact. On trouve également des concepts tels que Speed Queen, Wash Dry, qui annonce plus de 800 ouvertures sur le territoire français.

Trouver un local bien situé


Pour se lancer dans ce métier, il faudra trouver un local, la surface idéale étant d’environ 45/50 m², bien situé. Contrairement à d’autres types de commerce, l’emplacement n° 1 ne s’impose pas. Mais il faudra une zone de chalandise dans un rayon de 300 mètres. Par ailleurs, il est conseillé de pouvoir stationner à proximité. C’est notamment le cas en province où les clients se rendent en voiture dans les laveries.

Des investissements importants sont à prévoir. Outre les travaux (environ 10 000 €), il faudra compter un certain budget pour équiper une laverie : environ 5 machines à laver, trois séchoirs, une centrale de paiement et un distributeur de lessive, ce qui représente un montant total de 45 000 €.

Attention également au loyer, souvent élevé dans les grandes villes. « C’est le principal conseil, une laverie ne peut pas tourner avec un loyer trop cher », estime Nathalie Humbert, membre du bureau de l’AFL, associée au groupe SBD, qui comprend 56 laveries à Paris.

Des déçus du métier

Une mauvaise appréciation des charges et du métier en général peut amener les exploitants à s’endetter. « Dans la profession, on voit beaucoup de déçus, qui revendent leurs laveries », ajoute Nathalie Humbert.

Pour réussir dans ce métier, il convient de suivre plusieurs conseils. Tout d’abord avoir un local propre. « On vend du propre, il faut que nos laveries le soient », assure Hervé Fel, vice-président de l’AFL, exploitant de 8 laveries à Rouen, sous l’appellation Lavomatic. Concrètement, cela signifie qu’il faut y passer tous les jours pour faire le ménage.

Autre écueil : éviter "les laveries coupe-gorge". Si elles sont désormais équipées de caméra de vidéosurveillance, il faut pouvoir intervenir si la situation dégénère.

Proposer des services annexes
 

Outre la propreté de l’établissement et son aspect fonctionnel, pour séduire et fidéliser ses clients, l’exploitant peut proposer des services annexes tels que le repassage, les retouches…Distributeur de boissons fraîches, cafés, Wi-Fi gratuit seront des petits plus appréciés.

Depuis quelques années, la profession a connu un certain nombre de transformations et devrait continuer à se modifier. « Le métier va s’automatiser de plus en plus et l’on s’oriente vers du matériel communiquant », estime Hervé Fel. Les machines vont démarrer à distance, remonter des informations via Internet…De même, les moyens de paiement ont fortement évolué : pièces, billets, cartes bleues sans contact peuvent être utilisés par les clients. Bientôt, il sera possible de payer avec son téléphone portable.

De nouveaux défis attendent les professionnels, qui devront intégrer automatisation, écologie et satisfaction des consommateurs.
 

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