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Reprendre une librairie : se mettre à la page

Par Sophie MENSIOR - Le 05 / 05 / 2017
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Reprendre une librairie : se mettre à la page

Face à l’arrivée d’Internet et du géant Amazon, les librairies ont bien résisté. Leur chiffre d’affaires et leur fréquentation se sont maintenus.

Amazon n’a pas tué les libraires indépendantes. Bien au contraire, elles représentent encore 40 % des ventes de livres en France, devant les grandes surfaces spécialisées et Internet, qui constitue le circuit, qui progresse le plus en France. Ce dernier représente 13 % des ventes, la part du géant électronique atteignant 9 à 10 %. « Le paradoxe, c’est que l’arrivée d’internet n’ pas entrainé de vagues de fermeture, le chiffre d’affaire et la fréquentation se sont maintenus. Les gros lecteurs achètent souvent en librairie et sur Internet », tient à préciser Guillaume Husson, délégué général du Syndicat de la Libraire Française (SLF).

Un nombre de librairies globalement stable


Aujourd’hui 3 300 librairies indépendantes sont recensées. Contrairement aux idées reçues, ce nombre est globalement stable depuis une quinzaine d’années. Un millier d’entre elles sont des très petites structures, dans lesquelles il n’y a que le gérant et la gérante. Elles côtoient de très grandes affaires, qui peuvent avoir plusieurs dizaines de salariés. Ainsi les chiffres d’affaires peuvent aller jusqu’à plus d’un million d’euros pour les plus grandes à moins de 300 000 euros pour les plus petites.
Spécificité de la profession : le prix est réglementé, c’est-à-dire que les livres sont vendus au même tarif par tous les circuits de distribution (libraire indépendante, Fnac, Internet…)

Des aides spécifiques à la reprise et à la création


Autre caractéristique : il existe des aides spécifiques à la reprise et à la création d’entreprises. Avec deux dispositifs de prêts à taux zéro, qui permettent de débloquer des concours bancaires. Ils sont délivrés par le CNL (Centre national du livre) et par l’ADELC (Association pour le développement des libraires de création).
« Notre priorité est d’avoir des repreneurs plutôt que des créateurs. Un certain nombre de libraires partant à la retraite, il a des affaires à reprendre un peu partout, qui sont de moyenne et de grande taille. Alors qu’en cas de création, ce sont des petites unités qui voient le jour », souligne Guillaume Husson.
En ce qui concerne l’évaluation d’un fonds de commerce, « il est difficile d’édicter une règle », estime Le SLF, qui a planché sur le sujet. Il  faudra croiser un certain nombre de critères.

Formation impérative


Signe plutôt positif, cette profession continue d’attirer des jeunes : beaucoup créent ou reprennent des librairies. Des personnes en reconversion se lancent également sur ce créneau. Dans ce cas, il sera impératif de se former. Car ce n’est pas parce qu’on aime le livre que l’on sera forcément un bon libraire. Il est important de posséder des compétences logistiques, commerciales et informatiques.

Quant à l’emplacement pour s’installer, il est difficile de tirer des généralités. Paris est plutôt saturé alors que beaucoup de communes de la petite couronne ne sont pas bien pourvues. Tandis que des librairies dans des petites villes s’en sortent très bien. Par exemple, Evelyne Levallois, qui a repris une librairie à Avallon dans le Morvan, une commune de 7 500 habitants.


Se distinguer des autres circuits de distribution


Pour les libraires indépendantes, il est important de se distinguer des autres circuits de distribution par des animations avec des auteurs, en travaillant avec les écoles, les théâtres, les cinémas…
Elles ont aussi développé des sites de vente en ligne, pour leur propre boutique ou de façon mutualisée. « Si l’on ne possède pas de site Internet, l’on risque de perdre des clients », prévient Maya Flandin, qui dirige une librairie à Lyon dans le quartier de la Croix-Rousse.
Si elles ont bien abordé le virage numérique, les librairies indépendantes doivent avant tout maintenir leur rôle de conseil et d’accueil afin d’afficher leur particularité.
 

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