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Se lancer dans la messagerie : une course rapide

Par Sophie MENSIOR - Le 21 / 11 / 2016
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Se lancer dans la messagerie : une course rapide

Le secteur de la messagerie évolue à grande vitesse. Avec le développement du e-commerce, le nombre de colis légers en express est en augmentation au détriment des envois en messagerie traditionnelle. Les opérateurs doivent s’adapter à cette nouvelle donne.

La messagerie consiste à livrer, à délai garanti, des colis dans toute la France. Au sein de cette activité, sont différenciés la messagerie traditionnelle (transport du colis en plus de 24h), de l’express (enlèvement avant 18 h pour livraison le lendemain avant 12h).

Secteur sensible à la conjoncture


Puis au sein de l’express, on distingue également le traitement spécifique des "colis légers " (moins de 30 kg) de ceux qualifiés de "tous poids". Depuis 2010, l’express gagne du terrain sur la messagerie traditionnelle et représente désormais, en  termes de CA annuel, 50,2 % du secteur contre 40,7 % en 2008.
Il s’agit d’un secteur extrêmement sensible à la conjoncture, qui peine à trouver sa rentabilité.

Il recouvre des acteurs différents. « C’est un métier de frais fixes, c’est pour cela que l’on trouve de grands opérateurs (Geodis, Calberson, Heppner, TNT, la Poste…) », indique Yves Fargues, président de l’Union Transport et Logistique de France. « La problématique est de savoir trier les colis et de ne pas les perdre, le fondement du métier, c’est le tri », ajoute-t-il. Ce qui demande des moyens informatiques importants et génère des frais fixes supplémentaires.

« Pour échapper à la malédiction des frais fixes, les grands opérateurs ont sous-traité à des acteurs locaux pour l’enlèvement et la livraison. Ces acteurs possédant des camions de moyen tonnage, voire des camionnettes », complète-t-il. Tout un secteur de sous-traitance s’est développé autour des grands opérateurs, qui sont environ une demi-douzaine. Quant aux sous-traitants, ils se chiffrent par centaine. Il y a beaucoup de mouvement sur ce secteur, en raison des micro-entreprises, qui y fleurissent…

Concurrence sauvage


Depuis une quinzaine d’années, on observe une concurrence sauvage entre tous les acteurs. Les messagers français étant également confrontés à celle des transporteurs européens.

Selon les chiffres publiés par la FCGA (Fédération des centres de gestion agréés), l’activité de messagerie , fret express a enregistré , en 2014, une progression, avec un chiffre d’affaires en hausse de +4,6 %, une hausse plus importante que celle de l’année précédente, où elle était de +2 %. Le chiffre d’affaires moyen s’élevant à 129 000 euros. Contrairement aux baisses constatées les deux dernières années, le résultat courant a augmenté en 2014 de +4,6 % pour s’élever à 40 000 euros et représenter 31 % du chiffre d’affaires.

Pour réussir dans ce secteur, il faut réunir plusieurs conditions. « L’idéal est d’avoir un contrat avec un gros messager », estime Yves Fargues. Autres conditions requises : savoir acheter son matériel et accorder un soin particulier au recrutement des livreurs, car ce sont eux qui seront en contact avec le destinataire final.

Le BtoC : un marché prometteur


Ce métier connait des évolutions importantes. Jusqu’à présent, la messagerie était dédiée au Business to Business (BtoB). Avec l’explosion du e-commerce, elle s’oriente maintenant vers le Business to Consumer (BtoC).

Cette évolution majeure du métier n’est pas sans poser de problèmes. Elle entraîne la multiplication des points de livraison, et les consommateurs ne sont pas forcément chez eux lors de la livraison….. Il faut prendre rendez-vous avec eux, ce qui génère d’autres frais. Il faut arriver à optimiser les tournées et gérer le personnel coursier, qu’il se déplace en petites camionnettes, en scooter ou en vélo…

« Ce nouveau marché est très compliqué  et souvent sous-payé car la rentabilité est difficile à obtenir. Cependant, il est prometteur », ajoute Yves Fargues.

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