Cession Commerce

Transport routier de marchandises : small is beautiful

Par Sophie MENSIOR - Le 01 / 02 / 2016
Suivre sur Twitter

Transport routier de marchandises : small is beautiful

Pour devenir transporteur de marchandises, il faut réunir un certain nombre de conditions et évoluer dans un univers très réglementé, dépendant de facteurs extérieurs. Depuis le début de la crise, les petites entreprises tirent mieux leur épingle du jeu.

Secteur majeur de l’économie française, le transport routier de marchandises est assuré majoritairement en France par des milliers de PME (97 % des entreprises ont moins de 50 salariés). A côté de ces PME figurent quelques grands groupes privés comme Norbert Dentressangle, Charles André, Transalliance, ou encore publics comme Géodis-BM (groupe SNCF). Pour donner une idée de son poids dans l’économie, ce mode de transport achemine 99 % de nos produits quotidiens et verse chaque année 8 milliards d’euros de taxes au budget de l’Etat.

Selon la fédération OTRE, (Organisation des transports routiers européens) , qui a pour vocation de représenter les PME et TPE du secteur : « Assurant 80 % du transport de marchandises, le transport routier est pour la plupart du temps régional et pour une distance inférieure à 300 kilomètres ».

Autre caractéristique : il s’agit d’un secteur extrêmement règlementé avec des spécificités législatives propres à chaque type de transport comme les matières dangereuses, les animaux, les céréales, le transport exceptionnel.

Le transporteur va être soumis aux réglementations propres à la profession mais aussi à celles propres aux véhicules routiers utilisés et aux marchandises transportées.
Ainsi pour rentrer dans cette profession, il va falloir remplir plusieurs conditions : valider sa capacité professionnelle de transport, justifier sa capacité financière, obtenir l’agrément de la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aman également, et du logement), puis enregistrer et immatriculer son entreprise de transport.

Comment se portent les entreprises de transport ? « Depuis le début de la crise, les petites structures s’en sortent mieux que les grosses », indique Yves Marmont, président de la FCGA (Fédération des centres de gestion agréés). D’après l’étude « Chiffres et commentaires », l’activité de transport de marchandises enregistre de nouveau, en 2014, une progression de chiffres d’affaires de 3,9 %, cette évolution est constante depuis 4 ans avec + 18 %. A l’inverse des deux dernières années, le résultat courant augmente de 4,4 % pour s’élever à 44 000 euros et représenter 23 % du chiffre d’affaires.

Les raisons à cette relative bonne santé :  leur flotte de véhicules n’est pas énorme, souvent de petites estafettes, qui sont utilisées pour des petits colis et des petits déplacements. « Les petites entreprises minimisent les coûts avec des camionnettes de proximité, qui sont plus faciles à conduire », explique Yves Marmont. Plus réactives, elles s’adaptent plus facilement en jonglant avec les coûts mais en étant aussi plus regardantes sur les dépenses.

Ce métier va être dépendant de plusieurs facteurs, il est lié tout d’abord à la santé du transport international, il dépend aussi de la réglementation, des normes environnementales et du contexte extérieur, notamment le prix du pétrole, qui a plutôt baissé ces dernières années. Sa santé est par ailleurs tributaire des tarifs d’autoroute et des tunnels.

D’autres difficultés viennent impacter ce secteur.  « Les TPE-PME  sont très impactées par le dumping social,  c’est "le cancer" du transport routier de marchandises. Mais personne ne veut s’attaquer à ce sujet, il n’y a pas de réelle volonté politique », affirme Claude Baralle, gérant de CLS (Cambrai  Logistique Service), une entreprise basée à Cambrai.

Le développement des achats sur Internet et les services de livraison liés à ces activités constituent un atout pour les PME-TPE. Pour cela elles devront être en contact avec des donneurs d’ordre tels DHL, Chronopost…
 
 

Ces pages pourraient vous intéresser :

< Retour à la liste

>Actualité
Magazine l'argus des commerces et des entreprises