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Albi tente de protéger son commerce contre l'attraction de Toulouse

Par Sophie MENSIOR - Le 07 / 04 / 2008
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À portée de fusil de la métropole toulousaine, la préfecture du Tarn fait pourtant mieux que résister. Fière de son identité, elle s’appuie sur un tissu dynamique de PME et sur une offre commerciale pertinente pour séduire les chalands et maintenir son attractivité.

Albi tente de protéger son commerce contre l'attraction de Toulouse
La ville a longtemps vécu repliée sur elle-même contrairement à ses voisines,  Castres ou Mazamet, tournées vers l’international. Préfecture du Tarn, la cité cathare est majoritairement tertiaire avec un commerce de centre-ville florissant. Mais la déroute des industries suivie par le déménagement de l’armée obligent les décideurs à repenser l'organisation et le fonctionnement de la ville.

Le pari de la piétonisation du centre est fait tandis que les hypermarchés comment à fleurir dans la zone périphérique, en direction de Toulouse, en particulier avec l’installation d’un Leclerc et de sa galerie marchande. Même si la présence d’une grande surface alimentaire en plein cœur de ville et l’arrivée d’une université accueillant 4 000 étudiants, permet de limiter les dégâts, l’aire urbaine ne sort pas indemne de cette évolution.
La municipalité concentre alors tous ses efforts autour d’un ambitieux projet de requalification urbaine. Baptisé “Opération Centre 2000”, il est articulé autour de la rénovation des places du Vigan et Sainte-Cécile et de l’aménagement du marché couvert.  Pour l’ancien adjoint au commerce, Christian Bonzi, les investissements consentis étaient indispensables pour éviter l’évasion commerciale sur Toulouse.

La piétonisation a notamment permis de tripler le nombre de touristes depuis 1995. Bien dotée en infrastructures hôtelières, elle ambitionne d’accroître son attractivité. Trois parkings, d’une capacité totale de 1 160 places, ont, en outre, été construits pour rassurer les commerçants.

Concomitamment, la ville entreprend de repeupler son aire urbaine, notamment en faisant revenir les personnes âgées en s’appuyant sur une opération programmée d’amélioration de l’habitat (OPAH) qui permet de réhabiliter 364 logements sur le centre dont 118 étaient vacants. Résultat de cette opération intitulée “Ouvrez les volets” ?

En gagnant 2 000 habitants depuis 1999, Albi vient de dépasser le nombre symbolique de 50 000 âmes. Un chiffre qui devrait continuer à croître selon Christian Bonzi, grâce aux projets périphériques et à la qualité de la vie  : “Toulouse est une belle ville, mais présente les inconvénients d’une mégalopole, alors qu’Albi, tout aussi belle et bien achalandée, est à dimension humaine. L’emploi étant, par ailleurs, essentiellement tertiaire, le pouvoir d’achat y est assuré et la consommation se fait naturellement.”

Déterminée à ne pas étendre le cœur commercial, la municipalité entend promouvoir les quartiers périphériques : “Certains pôles de proximité se sont développés naturellement tandis que d’autres ont besoin d'être accompagnés par la ville, juge l’ancien adjoint au commerce. Y développer le commerce est important, tant pour répondre aux besoins des nouveaux habitants que pour créer des emplois.”

Des efforts sont, en outre, souhaités de la part des commerçants. Une charte qualité a été créée à cet effet : “C’est une charte esthétique, menée en concertation avec les architectes des Bâtiments de France, pour que le commerce soit en harmonie avec la beauté de la ville : une démarche de cohérence. Albi est une carte postale qu’il faut savoir vendre”, conclut Christian Bonzi.

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