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Caen tente des paris pour son commerce

Par Sophie MENSIOR - Le 20 / 08 / 2007
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La préfecture de la région Basse-Normandie veut profiter du retour des chalands dans la zone urbaine pour renforcer et consolider l’attractivité du centre-ville. Pour y parvenir, elle compte beaucoup sur le nouveau centre commercial, Rives de l’Orne.

Caen tente des paris pour son commerce

Capitale régionale de la Basse-Normandie, Caen bénéficie d’une situation géographique privilégiée sans concurrence à proximité. Même la crise industrielle, qui a pourtant durement touché la région avec le départ de grosses entreprises, n’a pas dévasté l’économie du Calvados : “Notre chance est d’avoir connu une désindustrialisation tardive, estime Benjamin Crickelaire, de la CCI. Nous sommes sur une bonne dynamique de création d’entreprises, avec l’un des meilleurs taux de survie à trois ans. Il nous reste également des locomotives comme PSA, NXP ou Renault Trucks.”

Commercialement, la situation est plus chaotique. Fief historique de Promodès, la région a vu naître un grand centre commercial périphérique au Nord de l’agglomération. Le développement s’y est poursuivi, comme dans toutes les métropoles françaises, à la faveur d’une explosion démographique provoquant l’augmentation de la taille des cités avoisinantes et nécessitant des infrastructures commerciales. Au grand dam des commerçants du centre.

Fragilisés par ce développement ininterrompu au cours des décennies 70 et 80, les professionnels ont bien cru recevoir le coup de grâce en 1995 avec le transfert du centre Mondeville 2. Bien décidés à ne pas se laisser dépérir, ils ont décidé de prendre leur destin en main dès 1993 en créant Les Vitrines de Caen : “Nous avons voulu réunir nos forces au sein d’une fédération pour recréer de l’animation, détaille Gilbert Vitrouil, son président. Nous étions frondeurs devant une municipalité qui ne bougeait pas. Il était nécessaire de créer un poids politique en face.”

Une initiative payante puisque le soutien financier de la ville ne s’est pas fait attendre : “Et il n’a pas cessé de croître, reconnaît-il. Nous sommes vraiment partenaires. Ça s’est, notamment, traduit par la création de parkings souterrains.” Consciente de l’urgence, la mairie a, en effet, engagé plusieurs projets de nature à embellir l’espace urbain. En plus des parkings, le plateau piétonnier a été agrandi depuis 1995. Le tramway a également fait son apparition favorisant le retour des chalands dans le centre. Dans le même esprit, le mobilier urbain et l’éclairage public font aussi l'objet d’une rénovation complète.

Il faut dire qu’avec à peine 12-13 % de la consommation totale qui se porte sur la zone urbaine, on ne peut pas encore parler de franc succès. La mauvaise période traversée par le centre a eu comme conséquence un rétrécissement de la zone marchande, même si les indépendants se maintiennent bien sur les rues Saint-Jean, Bernières, Ecuyère ou Guillaume-le-Conquérant. Avec un taux de rotation de près de 13 %, les opportunités de s’implanter sur Caen sont pourtant bien réelles, d’autant que les loyers – 56 % des habitants paient moins de 1 000 euros par mois – ne sont pas exorbitants.

Mais faute de place suffisante dans l’environnement immédiat de l’hypercentre, la mairie a engagé un (très) ambitieux projet de nouveau quartier de l’autre côté de l’Orne, à proximité de la gare SNCF. 25 000 m2 de bureaux, plusieurs milliers de logements sont prévus ainsi qu’un multiplex cinématographique et un centre commercial, Rives de l’Orne, d’une surface de 20 000 m2, qui devrait voir le jour en 2010-2011.

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