Cession Commerce

Colmar veut protéger son commerce

Par Sophie MENSIOR - Le 10 / 02 / 2014
Suivre sur Twitter

Riche de son patrimoine historique et de ses animations, la commune alsacienne dispose d’un centre-ville attractif, qui connaît une forte fréquentation historique. Le projet d’implantation d’un village de marques au sud de la ville suscite la crainte des commerçants.

Colmar veut protéger son commerce

Troisième ville d’Alsace après Strasbourg et Mulhouse en termes d’habitants, la préfecture du Haut-Rhin dispose d’un riche patrimoine historique, et abrite un des musées de Beaux-Arts les plus visités de France, le musée Unterlinden. C’est pour découvrir ses atouts, un centre piéton à taille humaine que de nombreux touristes, se pressent dans la commune. Avec un pic en hiver : de la mi-novembre à la fin décembre, plus de 1,5 million de visiteurs viennent découvrir les fameux marchés de Noël. « Nous créons des outils pour les attirer toute l’année », indique Gilbert Meyer, le maire de la ville.

Comment s’articule le paysage commercial ? La ville est entourée de zones périphériques au Nord et au Sud, qui continuent de croître. Pour l’équipe municipale, il s’agit de contrôler l’expansion de la grande distribution. « Toutes les extensions de moyennes et grandes surfaces doivent correspondre au Scot (Schéma de cohérence territoriale », ajoute le maire.

Quant au centre-ville, il abrite 900 unités commerciales, tous secteurs d’activité confondus (dont les cafés-hôtels-restaurants, les professions libérales…) On y trouve environ 1 /3 d’enseignes nationales, les indépendants-souvent des entreprises familiales- constituant le reste des commerces.  Les franchises sont en croissance tandis que les entreprises individuelles ont tendance à diminuer. «  Quand un exploitant part à la retraite, il ne trouve pas forcément de remplaçant. Du coup, c’est un franchisé qui vient s’installer », raconte Gilbert Meyer. Ce phénomène est généralement du au prix élevé des loyers.

Le centre-ville, qui regroupe des enseignes multimarques, a une forte capacité d’attraction. Il est très fréquenté par les habitants des alentours, par les touristes surtout pendant la période des fêtes de Noël, et par les voisins allemands. « Notre appareil  commercial est diversifié et complémentaire », indique Nadine Cros, responsable du service commerce et services à la personne à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Colmar. Cette forte attraction repose sur une offre assez conséquente dans le domaine de l’équipement de la personne, sur la présence de locomotives comme Monoprix, la Fnac et le marché couvert. Ce dernier renforce le secteur alimentaire dans la partie Est de la ville et devient un lieu d’animation permanent. L’équilibre semble atteint à part pour quelques produits. « Nous avons quelques manques dans le domaine des arts de la table et du linge de maison », complète-t-elle.

C’est pour ces raisons que le projet d’implantation d’un village de marques de 18 000 m² à Sainte Croix-en-Plaine (à 10 minutes de Colmar par l’autoroute) suscite beaucoup d’inquiétudes. « Cela va créer une concurrence frontale avec les enseignes d’équipement de la personne du centre-ville », s’alarme Nadine Cros. Ce sont les élus du Scot Colmar Rhin-Vosges qui doivent prendre la décision finale, la situation devrait se décanter fin 2014. A la tête du collectif Pirana (Pas d’immobilier ravageur en notre Alsace), Vincent Houlle, le président de l’association de commerçants les Vitrines de Colmar. « Nous menons un travail d’information auprès des élus, nous voulons que ce thème rentre dans le débat des prochaines élections municipales de mars 2014 », indique-t-il.

L’association s’emploie à animer la commune alsacienne. Forte de 200 membres, elle a mis en place plusieurs  outils, dont les chèques cadeaux. Ces outils et animations devraient permettre à Colmar de préserver la diversité de son commerce local…
 

< Retour à la liste

Ces pages pourraient vous intéresser :

>Actualité
Magazine l'argus des commerces et des entreprises