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Denain revient de l'enfer

Par Sophie MENSIOR - Le 11 / 02 / 2008
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Exsangue après le départ d’Usinor à la fin des années 70, Denain semble enfin sorti du marasme. Pour preuve, les nombreux projets de réhabilitation en cours, facilités par l’arrivée du tramway qui la relie à Valenciennes.

Denain revient de l'enfer

Capitale française de la sidérurgie au cours du XXe siècle, Denain s’est dépeuplée à la suite de la fermeture des entreprises Usinor, Cail et des brasseries et cartonneries. Face à une économie fragile, le commerce fait alors figure de dernier rempart et de premier employeur. Mais s’il n’a pas sombré, il le doit en grande partie à la décision d’implanter une grande surface en plein cœur de ville ! “Les commerçants étaient réticents à l’époque, se souvient Gérard Daumerie, de l’Union du commerce. Il n’empêche que sans Carrefour, beaucoup auraient disparu.”

Plus encore que la bonne entente avec Carrefour, c’est le rôle du Fisac, accueilli comme le Messie à la fin des années 90, qui a été déterminant. Denain a eu la chance d’être retenue en 2001 dans les périmètres des Grands projets de ville (GPV) et de la Politique de la ville. Une bénédiction pour la commune, enfin en mesure de mettre en œuvre les projets de restructuration urbaine indispensables pour relancer l’activité économique.

Plusieurs enquêtes, menées à la fin des années 90, ont mis en lumière les attentes des consommateurs incitant les élus à densifier l’offre : “Il faut faire venir des enseignes moyen de gamme pour s’ouvrir vers l’extérieur, mais aussi contenter la population résidante”, explique Catherine Mierral, manager de centre-ville, qui estime que le tramway est incontestablement un argument à faire valoir.

Le tramway est une formidable opportunité pour Denain en raison de la flambée des prix de l’immobilier commercial sur Valenciennes”, confirme Gérard Daumerie. C’est peut-être là que réside la “chance” de Denain. À l’instar de beaucoup de villes, la cité nordiste manque cruellement de locaux de 180 à 300 m2, qui sont les surfaces généralement exigées par les franchises pour s’installer. L’avantage est qu’elle dispose de friches urbaines disponibles : Cail et Villars.

L’espace Villars, bâtiment voué à la destruction, a fait l’objet d’une requalification en zone franche pour engager des travaux. L’objectif ? Accueillir des magasins en rez-de-chaussée sur 2 000 m2 et des logements dans les étages sans couler les commerces déjà présents dans la ville. Des indépendants, très courageux dans l’adversité : “Nous avons eu le meilleur et le pire, nuance Isabelle Cousin. Certains ont abandonné ou arrivaient en fin de carrière, d'autres se sont accrochés. Il y a de la place pour ceux qui y croient.” Pour l’adjointe au commerce, l’avenir s’annonce bien.

Les opportunités ne manquent pas, tant en création qu’en reprise de fonds, notamment dans l’équipement de la personne, mais aussi dans le commerce alimentaire. À condition d’être sérieux : “Les Denaisiens sont en attente de nouveauté, certifie Annie Denis. C’est le moment le plus opportun pour venir s’installer, les pas-de-porte ne sont pas très chers.”

Attention toutefois à ne pas surestimer le pouvoir d’achat des habitants : “On ressent bien encore les séquelles du traumatisme d’Usinor, indique la vice-présidente de la CCI. Les Denaisiens ont tendance à épargner en prévision d’un coup dur. Mais les choses sont en train de changer.” À ce titre, la Maison du commerce a lancé une opération “Denain, achat malin” pour offrir le meilleur prix aux clients.

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