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L'imbroglio du triangle des Basques

Par Sophie MENSIOR - Le 20 / 11 / 2007
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Bayonne, Anglet et Biarritz forment, par leur proximité géographique, une agglomération de plus de 100 000 habitants. Au cœur de laquelle s’est créé, au milieu des années 80, un grand centre commercial dont l’irruption a considérablement modifié la donne. Aujourd’hui, chaque ville se bat pour son identité.

L'imbroglio du triangle des Basques

L’agglomération du BAB présente un particularisme géographique et démographique avec une population essentiellement urbaine – 80,25 % – et concentrée, pour moitié, dans un triangle constitué par trois villes côtières distantes de quelques kilomètres, Bayonne, Biarritz et Anglet.

Bayonne est historiquement le centre marchand et la capitale commerciale du Pays basque. Biarritz est la station balnéaire de luxe qui reçoit des touristes triés sur le volet. Anglet, autrefois vaste espace agricole consacré à la culture maraîchère, est une ville traditionnellement organisée en quartiers animés par des commerces de proximité.

Le “triangle des Basques” va pourtant se trouver chamboulé par l’arrivée au début des années 80 d’un centre commercial, le BAB 2, pour Bayonne-Anglet-Biarritz. C’est à l’épicentre des trois villes qu’il voit le jour, sur la commune d’Anglet où le foncier est disponible. Le centre prospère et ne cesse d’accueillir de nouvelles enseignes durant les années 90, sans pour autant faire de l’ombre aux commerces de proximité angloys, contribuant même à l’essor de l’agglomération.

Reste que si cette situation favorise Anglet, elle inquiète les commerçants bayonnais et laisse les Biarrots dubitatifs. Longtemps réputée pour l’attractivité de son centre-ville commercial, Bayonne voit alors son commerce de détail touché de plein fouet par l’arrivée de ces grandes surfaces en plein centre de l’agglomération. Pour de nombreux observateurs, son centre-ville est alors menacé de “mort commerciale”.

L’enjeu consiste alors à redynamiser le commerce pour favoriser le retour des habitants et des consommateurs en centre-ville. Pour ce faire, il faut notamment rénover l’habitat et revaloriser les espaces publics. L’urgence d’une mobilisation générale conduit à la création, en 1998, de l’Office de commerce. L’objectif affiché est clair : gérer le centre-ville comme le plus grand centre commercial de l’agglomération.

Un label Bayonne La Belle Vie vient “récompenser” les commerçants qui jouent le jeu en adhérant à l’Union commerciale, l’association des commerçants bayonnais. En 2003, la mairie s’engage à verser un euro pour chaque euro apporté par un commerçant, au travers de son adhésion à l’Union commerciale, ce qui représente en moyenne une contribution annuelle de 75 000 euros pour un budget global d’un peu plus de 150 000.

Moins touchée par le BAB 2, Biarritz, par la voix de Vincent Dubecq, son élu en charge du commerce, entend consolider ce qui a, jusqu’à présent, fait sa force : “Biarritz n’est pas une ville de destination mais de passage. C’est la cité elle-même qui est notre principal atout avec sa beauté, son océan et ses surfers, explique-t-il. On doit avoir un commerce à l’image de la ville : classe, surfeuse et branchée. Plus c’est classe et plus on attirera du monde.”

Revers de la médaille, le prix des loyers étant exhorbitant, seules les activités fortes peuvent s'installer :  “Il n’est pas normal que la boutique 64 soit presque en périphérie de Biarritz ! Il reste des baux commerciaux vacants, mais ils sont hors de prix, regrette Gilles André, président de l'association Cœur de Biarritz. Il existe un décalage : le commerce anticipe un peu sur le développement de la ville.

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