Cession Commerce

Mâcon la paisible doit retrouver les faveurs des consommateurs

Par Sophie MENSIOR - Le 21 / 04 / 2008
Suivre sur Twitter

Idéalement située, la capitale de Saône-et-Loire s'appuie sur ses emplois publics pour faire fonctionner son commerce. Mais le centre-ville, qui a tardé à accomplir sa mutation, doit aujourd'hui retrouver les faveurs des consommateurs.

Mâcon la paisible doit retrouver les faveurs des consommateurs

Véritable carrefour stratégique, la préfecture de Saône-et-Loire présente pourtant une situation géographique paradoxale : "Elle est complètement excentrée par rapport au département, explique Pierre Petitjean, de la CCI de Saône-et-Loire. C'est l'une des rares villes à ne pas s'être développée concentriquement, à la différence de Châlon." Historiquement tournée vers l'Ouest, soit d'un seul côté de la Saône, elle est commercialement plus attirée par Lyon que par Dijon.

Pour s'ouvrir à l'Est, et notamment vers l'Ain, deux ponts sont en construction pour une inauguration prévue en 2009-2010. Des réalisations qui viennent clore les grands chantiers urbanistiques lancés par la municipalité depuis 2001. Des chantiers motivés par la volonté d'accroître l'attractivité du centre et contribuer au rééquilibrage commercial de la ville.

La ville semble, en effet, avoir mal négocié le virage des années 80 : "Lorsque la zone des Bouchardes a vu le jour, il y avait une moyenne surface alimentaire en centre-ville, décrypte Pierre Petitjean. Elle a malheureusement disparu, tandis que, parallèlement, un Leclerc avec sa galerie marchande, un Auchan et des enseignes de hard discount sont apparus." Résultat ?

La ville s'est progressivement dépeuplée. Consciente du problème, la municipalité tente d'inverser la tendance en insufflant une nouvelle dynamique : "Entre 1990 et 1999, nous avons perdu 3 000 habitants qui ont fui vers les communes périphériques, insiste Christine Robin, la première adjointe au maire. Nous avons donc engagé un programme de construction afin de redensifier la population."

Les commerçants ont également une part de responsabilité dans cette évasion des riverains, donc des chalands : "Au lieu de chercher les bénéfices qu'ils pouvaient tirer de l'arrivée de ces enseignes, ils se sont repliés sur eux-mêmes", déplore Pierre Petitjean. Un avis partagé par Christine Robin qui attend une réaction de leur part : "En travaillant sur le cadre de vie, nous avons fait en sorte de créer les conditions propices à une dynamique commerciale".

Signe de la lente métamorphose de la ville, plusieurs enseignes nationales se sont récemment installées, comme Sephora ou Picard, notamment à la faveur de la piétonisation qui a favorisé la relance de l'activité dans certaines rues comme celles de la Barre ou de Saint-Nizier. Des arrivées qui risquent malheureusement d'être limitées, faute de locaux suffisamment grands pour convenir aux attentes des réseaux nationaux.

Méconnue, Mâcon jouit pourtant de nombreux atouts : "Nous sommes vraiment la ville du bien vivre, assure Christine Robin. Si les entreprises ont encore du mal à faire venir des gens sur Mâcon, elles ont encore plus de difficulté pour les en faire partir !"

< Retour à la liste

Ces pages pourraient vous intéresser :

>Actualité
Magazine l'argus des commerces et des entreprises