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Perpignan mise sur son environnement

Par Sophie MENSIOR - Le 16 / 09 / 2013
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Véritable pont entre le Sud de la France et l’Espagne, la cité catalane constitue un carrefour d’échange entre les deux pays. Elle mise sur son patrimoine historique et ses animations commerciales pour rester attractive en dehors de la saison touristique.

Perpignan mise sur son environnement

Préfecture du département des Pyrénées-Orientales, Perpignan bénéficie d’une situation géographique enviable, à 13 kilomètres de la mer Méditerranée et à 85 km du domaine skiable le plus proche, dans les Pyrénées.  La ville fait le entre pont entre l’Espagne et le Sud de la France « C’est une ville de halte et de transit sur la route pour aller en Espagne. Elle fut pendant longtemps une ville frontière », raconte son maire Jean-Marc  Pujol.
Pour inciter justement les personnes en transit à rester un peu plus longtemps, la municipalité veut mettre en valeur son patrimoine historique et en faire un atout pour relancer le commerce. Afin d’animer le centre-ville, un certain nombre d’opérations sont mises en place.  La plus connue est sans doute le Festival  International de Photojournalisme, appelé Visa pour l’Image, qui se déroule tous les ans à la fin de l’été.

Si la proximité de l’Espagne constitue un atout, elle apporte aussi une concurrence notamment  la commune de La Jonquera, et son parc de commerces.  Ce site s’avère très prisé des Français, qui viennent y chercher des produits à bas prix, notamment alcool et cigarettes, pratiqués en raison d’une fiscalité plus avantageuse. Mais au sein de la Chambre de commerce et d’industrie, on tient à tempérer l’importance du commerce frontalier. « Il s’agit d’une idée reçue. Selon une étude que nous avons menée, seuls 3 % des consommateurs du département vont faire leurs courses en Espagne », indique Pierre Barbé, élu commerce centre-ville à La CCI et président de l’association de commerçants Gambetta. « C’est du donnant-donnant  puisque beaucoup d’Espagnols viennent aussi consommer à Perpignan »ajoute-t-il.
Le commerce perpignanais  comprend environ 1/3 d’enseignes et 2/3 d’indépendants, un ratio plutôt au-dessus de la moyenne nationale. L’arrivée de poids lourds  internationaux  a fait flamber le prix des loyers, ce qui pose problème aux petits commerçants, qui n’ont plus les moyens de s’implanter sur les principales artères.
En termes de secteurs, le paysage des commerces s’est modifié avec une hausse des ouvertures de bars, ce qui entraîne une sur-représentation des CHR (cafés-hôtels-restaurants) et le retour des commerces alimentaires en centre-ville.
Parmi les projets qui mobilisent la cité catalane figure celui de la nouvelle gare TGV avec une ligne reliant la France à l’Espagne, qui mettrait Perpignan à 50 minutes de Barcelone et à 3 heures de Madrid. Malheureusement, son ouverture a pris du retard, en raison de problèmes techniques et administratifs. Du coup, le centre commercial, « Centre del Mon »  n'a pas atteint ses objectifs en termes de commercialisation. « Les commerces implantés dans la gare souffrent énormément  car il n’y a pas assez de trafic », souligne le Maire de la Ville.
Afin d’animer le centre-ville tout au long de l’année, La CCI et ses partenaires ont conçu un certain nombre d’opérations. A commencer par Visa Off, née à l’initiative des commerçants du centre-ville, qui se déroule parallèlement au festival officiel de photojournalisme. Principe de l’opération, qui ramène aux commerçants 135 000 euros en 15 jours : des photographes amateurs exposent leurs œuvres chez les commerçants du cœur de ville. Un système de chèques cadeaux, diffusés par les entreprises, a par ailleurs été mis en place.
En outre, la mairie et ses partenaires réfléchissent au recrutement d’un manager du commerce, avec la création d’un pôle qui coifferait l’ensemble  des opérations. Une bonne façon de stimuler la cité catalane…

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