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Commerces en zones de transit : un marché qui décolle

Par Sophie MENSIOR -  
Le 29/06/18
Le commerce en zone de transit (aéroport, gares, aires d’autoroutes, transports urbains) s’affirme comme un  marché très porteur. Le « travel retail », qui a généré près de 6 milliards d’euros de CA en 2017, franchira la barre des 7 milliards en 2020, selon les experts de Xerfi, qui consacrent une étude à ce sujet.

Pour Xerfi, à moyen terme, l’écosystème du travel retail ne devrait pas être bousculé. Les gestionnaires des zones de transit vont rester les maîtres du jeu dans cet univers réglementé. Ils vont garder la main sur les grandes orientations stratégiques. Quant aux positionnements, ils vont continuer de diverger selon les zones considérées.

Les aéroports, nouveaux temples du luxe


Tous les grands aéroports français (55 % du total du commerce en zones de flux en 2017 ;  3,3 milliards d’euros de CA) opèrent un recentrage stratégique sur le segment du luxe, qui s’avère très rentable. Une tendance à la montée en gamme que ni la perspective de la privatisation d’ADP, ni l’avènement du travel retail tourism (lors que le travail retail est le motif du voyage) ne remettront en cause. Comme en témoigne l’exemple du nouvel espace beauté du terminal de Roissy-CDG.


Métamorphose des gares en lieux de vie


Les gares (25 % de l’activité du travel retail en 2017, avec 1,5 milliards d’euros de CA), qui affichent des performances de premier plan, se transforment à Vitesse Grand V, comme la gare d’Austerlitz à Paris, qui représente pour SNCF Gares & Connexions un investissement de 700 millions d’euros pour bâtir 26 600 m² d’espaces commerciaux. De leur côté, les gares « du quotidien » ont également engagé leur métamorphose en lieux de vie, en proposant des services tels que les casiers de retrait ou des prestations de conciergerie.

Les aires d’autoroutes à la peine

En revanche, l’activité est à la peine sur les aires d’autoroutes (900 ME de CA). De moins en moins de Français de rendent dans les restaurants d’autoroute et certaines boutiques hors-alimentaire (comme Décathlon)  ont mis fin à l’expérience,  « en raison d’un trop fort décalage avec leur positionnement traditionnel », selon les experts de Xerfi.

Pour autant, afflux de voyageurs dans les zones de transit ne rime pas forcément avec consommation accrue de ces derniers. Les gestionnaires doivent donc enrichir l’expérience shopping pour capter l’attention du client-voyageur, qui n’est  pas là a priori pour effectuer des achats. Pour l’institut d’études, le digital va également s’affirmer comme facteur clé de succès (e-réservation dans certaines boutiques d’aéroports…)